Malheureux ! Ne prononcez pas le mot parti, c’est "hasbeen", c’est fermé, c’est obsolète, les verts et Europe-Ecologie fusionnent pour créer... Hé bien pour créer quoi ? Un mouvement, une organisation... Un truc nouveau voulu par Daniel Cohn-Bendit avec pour but d’élaborer un programme, de sélectionner des candidats et d’organiser les campagnes électorales, bref, oui il n’y a qu’un parti pour faire ça. C’est comme les charentaises, c’est moche mais c’est confortable. Les écologistes vont même lui trouver un nom ce week-end, ce sera quelque chose comme "union des écologistes", "rassemblement écologiste"… un joli nom de parti, bien classique à carreaux avec de la laine dedans. On se moque parce qu’au départ, les écologistes avaient pour ambition de ringardiser les autres organisations politiques en inventant quelque chose de nouveau, d’ultra-démocratique, d’interactif, d’ouvert sur la société. Une organisation qui évite de donner le spectacle habituel de la vie des partis où les intrigues pour le contrôle de la structure l’emportent sur les débats des idées. Et donc finalement les écologistes font un parti, un vrai ?!Oui mais soyons juste. Les écologistes ont souvent eu de l’avance. Ils ont été les premiers, par exemple, à avoir eu un site internet, les premiers à avoir installé la parité homme-femme dans leur organisation. L’impression de foutoir généralisé a souvent dominé aux yeux des observateurs. Ça venait de leur méfiance intrinsèque envers le pouvoir, leur détestation du vedettariat des chefs, des relents d’une tradition groupusculaire et libertaire qui les plombait. Aujourd’hui les verts sont dans de nombreuses majorités régionales et municipales, ils se rêvent majoritaires à moyen terme. Déjà, en Allemagne, les Dïe Grunen sont au même niveau que le SPD. Les écologistes français, censés représenter la modernité était devenu un repoussoir, pour tous ceux qui auraient pu le rejoindre et avoir des responsabilités en leur sein. Depuis quelques années ça a changé grâce à Cécile Duflot et aussi à Daniel Cohn-Bendit. Ils on su faire évoluer (parfois l’un contre l’autre) ce mouvement qui est maintenant celui qui semble attirer le plus de personnalités extérieures variées. Et surtout qui leur donne une vraie place pour régénérer la vie politique peuplée de dinosaures increvables. Eva Joly en est la preuve la plus éclatante. L’ancien juge n’était pas du sérail et la voilà candidate des écolos pour 2012. Les élections européennes ont vu entrer au parlement de Strasbourg des députés verts assidus et qui n’avaient jamais fait de politique quelques semaines avant. Dernière recrue de poids pour l’élaboration du projet : Hélène Pellos, l’ancienne directrice adjointe du cabinet de Jean-Louis Borloo, ancienne de Saint-Gobain et directrice générale de l’agence internationale des énergies renouvelables. Dans les nouveaux statuts du futur parti, certains membres du parlement du mouvement seront, non pas élus mais tirés au sort parmi les candidats pour limiter les campagnes internes qui favorisent toujours les apparatchiks... C’est l’une des rares innovations expérimentales qu’offrira le nouveau parti écologiste. Mais pour une fois, dix-huit mois avant la principale échéance électorale, les écologistes apparaissent sous un jour plutôt favorable, avec une organisation neuve, une candidate déjà largement acceptée et un programme en cours d’élaboration mais dont les thèmes sont, de toute façon portés par l’actualité et l’évolution du monde.

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