Elle s'est retrouvée le week end dernier à Saint-Denis. Elle sera largement représentée en fin de semaine à la fête de l'Huma à la Courneuve. La gauche de la gauche va-t-elle parvenir à partir unie pour la bataille présidentielle ? Ce n’est pas gagné. Que sont les vainqueurs devenus ? Car tout de même, souvenons nous ! Qui a remporté le dernier scrutin organisé en France, le référendum du 29 mai 2005 ? Ce n'est ni Royal, ni Sarkozy, aujourd'hui candidats presque incontournables du paysage politique français. Non, le 29 mai, ce sont bien, à gauche, Marie-Georges Buffet, Olivier Besancenot, Arlette Laguiller, José Bové et Laurent Fabius chez les socialistes qui ont gagné. Alors, que sont les vainqueurs devenus? Passons vite ce matin sur le sort de Laurent Fabius, candidat à la candidature au PS. Malgré une ligne politique claire, l'ancien défenseur du Non plafonne voire dévisse dans les sondages. La gauche de la gauche tente elle depuis plus d'un an, de transformer la dynamique du NON en dynamique unitaire en vue de la prochaine présidentielle. Mais, si à la base ça pousse, à la tête ça coince ! Pourquoi ? Pour des questions de fond, même si toutes ces organisations, PC, LCR, fraction de Verts, amis de José Bové et collectifs citoyens ont co signé ce week-end un texte sur la stratégie pour rompre avec le libéralisme, elles sont loin encore du programme commun de gouvernement. Mais, surtout surtout, ça continue de coincer pour des raisons de logiques partisanes. Car ici comme ailleurs, la question centrale reste: QUI pour porter cette aspiration au changement ? Olivier Besancenot pour la LCR dit : "Moi, je veux bien m'effacer si le PC me prouve qu'il ne pactisera plus avec le diable, à savoir le PS !" Malgré des gages apportés par les communistes, le facteur révolutionnaire craint toujours l'alliance avec les sociaux traitres. Alibi ou conséquence ? en tout cas, il maintient sa candidature. Et après tout, il n'est pas le plus mauvais des candidats. José Bové lui, clame à tous vents qu'il peut être ce candidat de rassemblement. Mais à force de laisser entendre qu'il ne fera pas d'autre campagne que la sienne, il a fini par brouiller son image de parangon de l'unité. Marie-Georges Buffet enfin répète qu'elle est "disponible". Le PC la veut surtout indispensable. Une bonne partie de l'appareil refuse d'abandonner le drapeau communiste pour la présidentielle, quitte à prendre le risque de ne pas faire mieux que Robert Hue en 2002 avec ses 3,37%. Les 3 B se neutralisant, un A comme Autain, de Clémentine Autain, adjointe apparentée communiste à la mairie de Paris est sortie du chapeau ce week-end. Résultat ? Et bien pas de résultat pour l'instant. Au grand dam des citoyens qui s'étaient pris à rêver un certain 29 mai d'être enfin majoritaires, la gauche de la gauche continue de s'enferrer dans ses divisions. Elle s'est donnée jusqu'à fin novembre pour se mettre d'accord sur un candidat commun. D'ici là, seule la désignation d'un candidat socialiste repoussoir, épouvantail pourrait lui servir d'électrochoc et avoir un effet, peut être centripète.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.