Oui, il y a un domaine dans lequel la France est performante et même exemplaire. Non pas le vin, ni le basket (depuis avant-hier)… un domaine à propos duquel la Grande Bretagne, l’Espagne, l’Italie et la Belgique (pardon Charline) pourraient nous jalouser… c’est l’unité. La crise économique nous plombe, les dirigeants sont largement impopulaires, mais aucune partie du territoire n’envisage de se séparer de la République. La tendance au démembrement qui ressurgit en Europe ne touche pas la France. Cette unité nous parait naturelle et la plupart des français n’y voient rien d’extraordinaire… Mais en réalité, elle est extraordinaire. L’actualité écossaise et catalane nous le rappelle. La France, en superficie, est le plus grand pays d’Europe. La diversité des populations et des cultures y est beaucoup plus importante que chez nos voisins… Mais ce vaste ensemble hétérogène est solide. Sans doute le plus solide d’Europe. Entre un basque, un Breton, un alsacien et un corse, il y a des centaines de kilomètres, des histoires différentes et pourtant moins de volonté de séparation qu’entre certains wallons et flamands qui vivent sur un territoire à peu près grand comme les deux Charentes, plus la Dordogne (re-pardon Charline). C’est bien sur aujourd’hui la République et notre langue qui nous unis. Le sentiment d’avoir un passé commun et surtout un destin commun n’est pas si rependu à travers l’Europe et le monde…

On ne pense même plus à s’en réjouir !

Non, parce que les français, en ce moment, n’ont pas particulièrement l’impression d’être unis. Il y a plusieurs formes d’unité : l’unité dont nous parlons, que l’on pourrait qualifier d’horizontale, qui résulte de l’histoire et de la géographie. Mais il y a l’unité verticale, l’unité catégorielle, politique et sociale. Cette unité se dégrade. Elle est même gravement atteinte. Certains parlent de « fractures françaises ». Ce sont les inégalités qui repartent à la hausses, ce sont les élites qui se reproduisent plus qu’ailleurs, ce sont les ghettos de riches et de pauvres qui se renforcent sur le territoire, c’est l’isolement périurbain, le retour du religieux dans l’espace public. Ce sont ceux qui manifestent contre l’extension d’un droit, qui insultes une ministre pour ce qu’elle est plus que pour ce qu’elle n’a pas encore eu le temps de faire, ceux qui manifestent pour conserver des avantages catégoriels. C’est cette vie politique hystérique et « clivante ». Les divisions verticales minent le moral du pays quand elles dépassent ce qu’elles devraient être, c'est-à-dire l’expression d’une diversité politique. Elles nous plombent… Qu’est-ce qui est le plus grave, la division horizontale ou la division verticale ? On ne peut pas choisir entre l’abscisse et l’ordonnée. Mais la division horizontale est d’ordre identitaire, donc plus difficile à combattre. La verticale est plus politique. On peut mieux la combattre par des mots… comme ceux-là par exemple:

Géneral de Gaulle « la France… ce n’est pas la gauche, la France… ce n’est pas la droite, la France»

C’est creux et profond à la fois !

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