Oui, fait notable et reposant, le PS et l’UMP affichent chacun, en leur sein, une forme d’unité. Ils calment, pour diverses raisons et par divers procédés, leurs dissensions internes, ce qui fait des vacances aux sympathisants de ces deux formations, dites de gouvernement, habituées à des divisions qui n’ont pas toujours des origines particulièrement glorieuses, plus personnelles ou stratégiques que politiques… Et là, l’UMP met au point, dans une concorde touchante, les règles de ses primaires présidentielles. Le PS, lui, va vers son congrès avec une motion dominante signée et par Manuel Valls et Martine Aubry, dont le silence râleur contre la politique du gouvernement, était pourtant assourdissant, ces derniers mois. Les frondeurs, dans une motion concurrente, formulent des contestations de fonds, légitimes et argumentés, qui n’ont rien à voir –pour l’instant du moins- avec de quelconques ambitions personnelles. Christian Paul, à la tête de cette motion est certes le successeur de François Mitterrand, mais seulement comme député de la Nièvre ! Et pendant ce temps-là c’est le FN qui montre un visage politicien, politicard même ! Ce parti monolithe, et qui se veut exemplaire, seulement au service du peuple contre les élites, se déchire sur des questions apparemment idéologique mais surtout stratégiques, familiales et sur des questions d’égos. Avec, en arrière-plan, des affaires financières, pour faire bonne mesure et caricaturer ce qu’il dénonce à longueur de temps. Mais attention, il ne faut pas se méprendre sur les raisons de l’image responsable qu’affiche, depuis quelques jours seulement (et pour combien de temps ?) le PS et L’UMP

Ah, c’était trop beau !

Si l’on chausse nos lunettes cynique, on remarquera que Martine Aubry ne présente pas de motion, aussi qu’elle n’a plus l’âge ni le gout d’être minoritaire dans son propre parti. C’est aussi parce que les déroutes électorales en série mettent en péril la survie même du PS que François Hollande et Manuel Valls seront relativement préservés par le congrès. Ce congrès (comme tous les congrès socialistes d’ailleurs) ne règlera aucun débat idéologique. La conception « Macronienne » qui impliquerait de sortir des 35H et de réformer le contrat de travail fait motion commune avec la conception Aubryiste qui dit l’inverse : L’art de la synthèse su papier a encore frappée. A l’UMP, les sourires et courbettes mutuelles ne durent que depuis 5 jours et leur sincérité est douteuse. Parce qu’entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, le premier qui donnera l’impression de vouloir imposer sa règle du jeu pour les primaires sera perçue comme un tricheur en panique… Mais retirons bien vite nos lunettes cyniques et avouons que quand un parti se montre unis, on dit « c’est une unité de façade », quand il est divisé, on dit « c’est une division artificielle et personnelle ». En fait l’UMP et le PS ont, sur les primaires et le congrès des attitudes, disons civilisées. La civilisation n’implique pas forcement la sincérité…mais en politique, c’est toujours mieux que la sauvagerie.

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