Ce matin le drôle de plan média du président…

Oui, Emmanuel Macron se compose un plan média malin, à sa convenance… hier, le 13h de TF1 depuis une école en Normandie, il ne s’y est pas dit grand-chose. Le président a pu s’y expliquer tranquillement… et remercier (c’était le message le plus original) les retraités pour leur effort financier au redressement du pays… le décor, une école paisible, et le ton de l’échange, montraient un président à l’autorité bienveillante comme l’instituteur dans la Guerre des boutons. Opération facile et valorisante à peu de frais. Le vrai moment de curiosité c’est dimanche avec cet attelage Bourdin/Plenel sur BFM et Médiapart… Le président s’est composé lui-même son plateau. Il aurait aussi bien pu prendre Le Monde Diplo/W9, ou Equidia/Radio-Courtoise. Il se sert. Il se ménage, avec Bourdin/Plenel, des possibilités de franches explications, c’est vrai. Au moins, on ne peut pas dire, là, qu’il refuse l’obstacle mais, il le place lui-même. Il sait qu’il est bon quand il est sur le grill d’autant que sa parole n’est pas contrainte par le cadre d’une majorité, puisque LREM n’a pas encore de doctrine et que de toute façon c’est lui qui la dicte en gouvernant ! Nous sommes le seul pays (à démocratie comparables) dans lequel il n’y ait pas de rendez-vous que la presse organise de façon plus ou moins collégiale et auquel le chef de l’Etat se soumet régulièrement par une sorte évidence démocratique. En Angleterre, en Allemagne, le chef du gouvernement (l’équivalent de notre président en termes de responsabilité devant le pays) ne peut pas rester silencieux si longtemps sur un sujet comme la SNCF, par exemple. Il se retrouve toujours interrogé, en face à face, par des parlementaires de l’opposition ou par des journalistes lors de rencontres « on ». Le président français,  (celui-ci et ses prédécesseurs) est en monologues sécurisés sous forme de discours, s’autorise quelques échanges «sur le vif», audacieux mais peu approfondis, avec des français qu’il croise lors de ses déplacements. Mais c’est à nous, la presse, qu’il faut adresser la critique !… Nous n’avons pas su (ni même essayé) imposer des rendez-vous médiatiques incontournables, organisés et composés par des journalistes… Et ce n’est pas par manque de liberté. Plutôt par manque de gout de la liberté …

Vous dites, au-delà vos réserves,  que ce plan média est néanmoins malin…

Pour le président, oui ! Parce que la saturation médiatique qu’il peut provoquer peut répondre au besoin de sens que les réformes provoquent… l’interview d’hier n’y suffit pas ! En avril 2016, Emmanuel Macron disait : « les français sont maintenant prêts aux efforts pourvu que le cap soit clair ». Eh bien justement le cap n’est plus clair. De tout ce qui a été fait jusqu’ici on ne peut percevoir qu’une tentative autoritaire d’adapter la France à la mondialisation libérale. Si ce n’est pas que ça… alors il faut arriver à mieux le formuler. L’émission de dimanche lui en donnera peut-être l’occasion. En tout cas, tenez-vous prêt Nicolas parce qu’on ne sait jamais, tout est permis : un jour –peut-être- pour une émission France-Inter/C8, il vous faudra co-interviwer le président avec Cyril Hanouna

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.