Le cadavre de Taoufik El-Amri a été retrouvé hier dans le canal Saint-Félix à Nantes. Les 3 policiers qui l'avaient contrôlé juste avant qu'on ne perde sa trace ont été placés en garde à vue - un fait divers qui pourrait à nouveau mettre le ministre de l'Intérieur à l'épreuve. ça s'appelle endurer jusqu'au bout les "risques du métier". Oui, conserver toutes les casquettes, et notamment celle de premier flic de France et celle de candidat, c'est s'exposer à ça. La mise en cause éventuelle de l'action de n'importe lequel des fonctionnaires dont Nicolas Sarkozy a la responsabilité. Toute la vérité n'a pas été faite, loin s'en faut, dans l'affaire Toufik El Amri. Mais les témoignages contradictoires relevés par le procureur permetttent de penser que les policiers qui ont contrôlé l'ouvrier tunisien avant son décès, pourraient, il ne s'agit que d'une hypothèse, pourraient être impliqués. Si tel était le cas, Nicolas Sarkozy serait-il coupable ou même suspect ? Evidemment NON ! Coupable en aucune façon, mais responsable de toute façon car c'est sa fonction. Depuis 4 ans qu'il occupe la place Beauvau, Nicolas Sarkozy aime répéter qu'il n'y a jamais eu une bavure; pendant les 3 semaines d'émeutes l'an dernier et alors que la France était en état d'urgence, pas un mort. "Nous faisons l'admiration des pays voisins, dit-il, pour une telle maitrise de nos forces de l'ordre". Le problème aujourd'hui, c'est que, des pompiers qui manifestent, des supporters qui se comportent comme des voyous dans une tribune de stade de foot, un fait divers qui met en cause quelques gardiens de la paix, et c'est lui, Sarkozy la cible. Jusqu'ici, il a toujours réussi à positiver son action de ministre de l'Intérieur, mieux, il a construit sa popularité sur cette action, sur ses attaques répétées contre la justice et ses rodomontades sécuritaires, ce qui est, en soi déjà un exploit. Sauf que ce qui a changé, c'est que depuis 15 jours, Nicolas Sarkozy est candidat. Candidat pour de vrai, c'est à dire aspirant à devenir dans l'imaginaire des Français, l'homme du rassemblement et de la justice équanime. Difficile quand on est le gendarme avec le bâton. On voit bien avec ce fait divers, mais aussi d'une certaine façon avec la grande réception organisée aujourd'hui au ministère de l'Intérieur en l'honneur des Jeunes, déja dénoncée par la gauche comme une "instrumentalisation" du ministre/candidat, que cette double casquette décidément rend Nicolas Sarkozy plus vulnérable qu'il ne le souhaiterait. Nombreux sont ses amis qui ont plaidé tout l'automne pour qu'il se dépouille du costume de Flic. Lui a fait le calcul qu'il était plus avantageux en terme de contrôle sur l'appareil d'état, d'exposition médiatique qu'il procure, ou de moyens qu'il fournit de conserver le ministère plutôt que de le quitter. C'est un risque. Un pari qu'il a gagné jusqu'ici mais... un peu comme les enfants qui ouvrent en ce moment toutes les petites fenêtres du calendrier de l'avent, sans doute Nicolas Sarkozy compte-t-il lui aussi, chaque jour qui le sépare de son départ de la place Beauvau en espérant ne pas trouver dans l'une de ses petites fenêtres, une sale histoire.

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