Le Pas-de-Calais, nouvelle plaie du Parti Socialiste, après les Bouches-du-Rhône et l’Hérault.

Ce que l’on découvre, petit à petit sur le PS du Pas-de-Calais peut faire passer les fédérations des Bouches-du-Rhône ou de l’Hérault, (avant la remise en ordre de ce département par Martine Aubry) pour des partis sociaux démocrates norvégiens ou danois, ces pays à zéro corruption. Le PS du Pas-de-Calais se retrouve un peu, à certain endroits, comme le RPR des années 80 dans la région parisienne. Corrompu parce que trop dominant et trop puissant, depuis trop longtemps installé dans les mêmes territoires. Les systèmes mis en place par certains barrons locaux échappent totalement à la vigilance de la direction nationale du parti. Une vigilance paradoxalement délicate à mettre en œuvre là où les socialistes sont le plus en positions de force et donc où les structures locales sont comme des partis dans le parti. Solférino n’a pas fait les efforts, depuis très longtemps, de renouvellement des cadres et des élus qui auraient permis d’aérer un peu le Pas-de-Calais, fédération aux volets fermés. Si le PS renouvelle plus ses listes et s’applique plus promptement le non cumul des mandats que l’UMP, ça reste, relativement trop lent compte tenu de sa position archi dominante dans les exécutifs et parlements territoriaux. Il faut dire qu’en dehors du fonctionnement du parti socialiste, de son financement, la tête du PS n’a pas les moyens juridiques d’enquêter pour savoir si un élu a respecté la loi dans la gestion de sa ville, Et puis, longtemps, ça a été « pas touche au Pas-de-Calais », terreau de l’identité socialiste, des mines et des luttes. Désemparés, les dirigeants du PS le savent… s’ils attribuent la circonscription du douteux Jean-Pierre Kucheida à quelqu’un d’autre, Kucheida se présentera quand même et gagnera sans étiquette.

Le drame pour le PS, c’est que les affaires embarrassantes se déroulent souvent dans les fédérations les plus populaires.

Oui, le Pas-de-Calais ou les Bouches-du-Rhône sont les deux premières fédérations socialistes. La population militante y est composée de familles entières de la classe moyenne ou populaire. Mais, voilà de quoi casser le mythe et chiffonner l’image d’Epinal de la gauche : une section de 500 militants du Pas-de-Calais ne se réunit plus pour refaire le monde ou préparer des luttes. Elle ne se réunit tout simplement plus ! Elle ne fonctionne qu’en réseaux d’influence et de distributions de postes et de logements. Dans le Pas-de-Calais populaire, bien souvent, le clientélisme a remplacé la conscience de classe. Au PS, le débat intellectuel et politique se déroule ailleurs, dans les think-tanks parisiens ou dans les sections bobo des centres-villes. Le drame des partis politiques d’aujourd’hui, c’est tout simplement que la classe populaire a déserté la vie partisane. Eradiquer le clientélisme des Bouches-du-Rhône ou du Pas-de-Calais, c’est pour le PS tirer un trait sur ce qu’il reste du mythe du parti de masse ou du mouvement populaire. Aujourd’hui le seul vrai parti populaire, c’est le FN. C’est vrai que la structure du vote du Front national est très majoritairement populaire mais il ne faut pas s’y tromper, le parti de Marine Le Pen est un squelette : 30.000 adhérents, c’est rien ! La crise du PS du Pas-de-Calais est l’un des symptômes de ce divorce toujours plus préoccupant entre le peuple et un monde politique d’en haut. Monde politique qui semble, en plus avec la crise ne plus avoir prise sur le cours des choses.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.