Ce matin, l’UMP ! Cela faisait longtemps que vous ne nous aviez pas parlé de l’UMP…

Oui parce que faire la chronique de cette lutte interne peut bien sûr avoir quelque chose de distrayant mais c’est assez vain et le syndrome Mazerolle (ras-le-bol) nous guette tous. Vous remarquerez d’ailleurs que même nos amis les humoristes de 8H55 ont abandonné le sujet. Alors il y a bien l’aspect politique, le débat entre la droite décomplexée, cette droite dite « forte », identitaire, qui veut inscrire les origines chrétiennes de la France dans la Constitution et limiter le droit de grève des enseignants, contre la droite classique, libérale, sociale et européenne. On connaît ce débat, on l’a maintes fois décrit. Les statuts de l’UMP, le mode de désignation du président de ce mouvement ne permettent pas de trancher un tel débat ni même de le mener. Il faudra bien que l’UMP trouve un moyen de définir sa ligne, que l’on sache laquelle de ces deux droites y est majoritaire. Bref, on aimerait pouvoir commenter et analyser de la politique s’agissant d’un parti qui entend reprendre de nombreuses grandes villes en 2014 et gouverner le pays en 2017. Seulement voilà, pour l’instant l’UMP n’est pas en mesure de faire de la politique. Ni même de s’opposer efficacement.

La majorité peut-elle se réjouir de cette absence d’opposition ?

Elle aurait tort parce qu’une UMP atone fait que la majorité libère les réflexes ataviques de ses divisions et de ses contradictions. C’est bien aussi parce que l’UMP est occupée à décortiquer son nombril que les deux lignes opposées entre le social-libéralisme du Premier ministre et le social-interventionnisme d’Arnaud Montebourg peuvent s’épanouir pour le plus grand malheur de la cohésion gouvernementale, et le plus grand désarroi des salariés de Florange, par exemple. La façon dont est gouvernée la France, pâtit de la crise du principal parti d’opposition. Parce que la démocratie est un équilibre. Enfin dans cette crise de l’UMP il y a, semble-t-il, une évolution à souligner : on ne peut plus renvoyer Fillon et Copé dos à dos. En refusant le « revote » avec le ton de la bonne volonté outragée mais les mots de l’intransigeance bornée, Jean-François Copé est maintenant le seul responsable du blocage. Et dans cette situation il est intéressant d’observer les arguments et le vocabulaire utilisés par les Copéistes. Ce sont des arguments d’assiégés. Les parlementaires UMP partisans d’un nouveau vote, ne sont plus des élus du peuple mais des « notables pris en otage par François Fillon »… Les Fillonistes, eux, selon la Copéiste Valérie Rosso-Debord, sont des déconnectés qui se réunissent à Saint-Germain-des-Prés, loin du peuple, pour ourdir un complot contre Jean-François Copé qui, lui, serait (si on la suit) récemment sorti d’une mine ou descendu de son tracteur, la fourche à la main pour monter à Paris faire entendre la voix du tiers-état de la droite ! Le fameux complot germanopratin était autrefois attribué aux seuls méchants gauchistes, aux journalistes bobos, clergés du politiquement correct et de la pensée unique. Il est maintenant fomenté par des Fillonistes … à ce niveau de paranoïa, ce n’est plus du ressort des éditorialistes politiques. Voilà pourquoi, sans doute, l’observateur le plus avisé sur ce sujet depuis le début de ce que l’on appelle d’ailleurs le psychodrame de l’UMP n’est autre que Jacques-Alain Miller, psychanalyste, chroniqueur au Point . Nous, on reparlera de l’UMP quand elle refera de la politique !

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