Anne Hidalgo et Nathalie Kosiusko-Morizet
Anne Hidalgo et Nathalie Kosiusko-Morizet © Reuters

Aujourd’hui donc France Inter ne reçoit que des femmes !

Oui, pour souligner l’inégalité que subissent les femmes dans les médias, et pour affirmer que l’objectif de parité est le nôtre dans quelques minutes nous allons recevoir une personnalité particulière qui a effectué un exploit qu’on avait l’habitude de voir réaliser par un homme. Mais Maud Fontenoy est accueillie ici, ce matin parce que c’est une femme qui a des choses à dire sur l’écologie. Des choses originales ! Seulement l’originalité de son propos et le caractère hétérodoxe de sa position n’ont aucun rapport avec le fait qu’elle soit de sexe féminin.

En dehors d’un propos féministe plus affirmé chez les femmes, par une forme de corporatisme bien compréhensible, les actrices du débat public, ont de moins en moins un discours spécifique. Et c’est tant mieux. On le sait, depuis Margaret Thatcher, (en fait depuis Aliénor d’Aquitaine !) : les femmes politiques sont des hommes politiques comme les autres.

Le prochain maire de Paris, quoi qu’il arrive, sera une femme et l’affrontement de deux femmes ne change rien à la campagne municipale. On s’y affronte avec autant de violence, de mauvaise ou de bonne foi, de « je ne vous ai pas interrompu » et de « vos chiffres sont faux », avec autant de projets et d’ambitions personnelles que les hommes.

Quand même, les femmes politiques doivent encore, en permanence, prouver qu’elles ont le caractère et l’énergie pour le job !

Oui, Nathalie Kosciusko-Morizet s’est même crue obligée de préciser qu’elle était une « killeuse », à destination des barons, mâles dominants de la droite parisienne, pour les rassurer sur sa capacité à mener une campagne si rude ! Mais, sur le fond, sur le programme et la nature des propositions, personne ne peut affirmer que s’il s’était agi de Robert Kosciusko-Morizet ou Gérard Hidalgo, les programmes auraient été différents.

En ce moment, il semble pourtant nécessaire de rappeler que non, en dehors du sexe en lui-même et d’une corpulence moyenne : il n’y a peu de différences entre les hommes et les femmes, autre que des constructions sociales. Qui partage cet avis ? En réalité, tout le spectre politique. Du FN représenté par une femme dont on ne peut pas déceler quoi que ce soit de sexué dans sa façon d’agir, au Front de Gauche qui a une tradition féministe solide et ancrée !

Pourquoi dés lors, une partie de cet échiquier politique refuse que dés l’école, sans nier la différence des sexes, on travaille avec les enfants sur cette idée d’égalité, on réfléchisse à tout ce qui entretient les stéréotypes donc les inégalités ?

Il n’y a pas d’avis féminin ou masculin sur les déficits, sur la redistribution des richesses. La fin de l’originalité d’un discours politique féminin cantonné aux affaires de santé et de famille rend parfaitement incompréhensible les inégalités faites aux femmes pour l’accès aux poste de responsabilité. Maintenant Maud Fontenoy, ne me démentez pas en commençant vos réponses par « en tant que femme je pense que les gaz de schiste c’est l’avenir » vous risqueriez de dire deux bêtises dans une même phrase !

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