Ils sont tous députés européens…

L’un est socialiste et soutien de Benoît Hamon (Emmanuel Maurel), l’autre représente la France insoumise à la présidentielle (Jean-Luc Mélenchon) et le troisième est le candidat d’Europe Ecologie Les Verts (Yannick Jadot)... Tous les 3 annoncés à une conférence de presse, ce midi gare de l’est à Paris avant d'embarquer pour Strasbourg, ils rediront tout le mal qu’ils pensent de l’accord commercial Europe-Canada, le CETA soumis à ratification du parlement européen après-demain… Chacun emploiera ses mots mais pour dire la même chose et que les choses sembleront faciles… Que la gauche française dans toute sa diversité semblera penser la même chose… Mais stop… N’allez pas croire que cette conférence de presse commune préfigure une triple-alliance à la présidentielle…

Où en sont les discussions à gauche ?

Après 5 heures de réunion hier, socialistes et écologistes semblaient en phase sur les points de fond essentiels… Le revenu universel, les perturbateurs endocriniens, la sortie du nucléaire ou la proportionnelle… Mais le chemin est encore long… Puisque l’on imagine mal le PS retirer son candidat après une primaire à 2 millions de votants, les écologistes ne retireront le leur qu’en échange d’un accord législatif béton : programme et investitures dans les circonscriptions… Mais surtout, les 17.000 électeurs de la primaire verte doivent voter par internet pour ou contre l’ouverture de discussions officielles, ils ne voudront pas se sentir comme la 5ème roue du carrosse socialiste / ni comme un trophée que Benoît Hamon brandirait à Jean-Luc Mélenchon sur le thème : j’ai fait l’union avec les Verts, maintenant tu fais l’union avec moi…

Justement ? Les discussions avec Jean-Luc Mélenchon ?

Nettement moins fructueuses… Mélenchon, vous savez, il n’écoute pas les messages sur son répondeur, il attend donc toujours un SMS de Jadot… Mais c’est avec Benoît Hamon que les discussions seront les plus serrées… La politique, c’est comme la vie, c’est avec les ex que c’est le plus dur or, Mélenchon est un ancien socialiste, longtemps rival d'Hamon pour contrôler la gauche du Parti… Aujourd’hui Mélenchon vomit ceux qu’il appelle « les solfériniens » et met comme préalable qu’Hamon se débarrasse de l’aile la plus « centriste » du PS, ceux qui avaient soutenu les lois Macron et El Khomri… Il veut discuter avec un PS « purgé » alors qu'Hamon veut réunifier le parti… Sans oublier de vraies divergences sur le revenu universel, les traités européens, la Syrie et la Russie… Sans oublier la posture bonapartiste de Mélenchon, le candidat le plus pénétré de la mystique de l’homme et du peuple / alors qu’Hamon ne se voit pas en homme providentiel…

La semaine dernière, Yannick Jadot avait appelé à "dépasser les querelles d’égo et d’appareils"… Les égos et les appareils, la gauche est encore en plein dedans alors qu'entre ces 3 là, les divergences de fond sont beaucoup moins fortes qu’il y a 45 ans lors du programme commun Mitterrand/Marchais…

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