2019 C’est loin… mais les partis politiques préparent déjà les élections européennes

On s’écharpe quotidiennement sur des sujets nationaux : l’économie, la laïcité, l’éducation, le système de santé, mais au fil des mois, avec les européennes en ligne de mire, même lointaines, nos thèmes et nos totems fétiches seront débattus au prisme de nos visions de l’Europe. Et tous les partis ne seront pas log​és​ à la même enseigne de la cohérence. Le clivage protectionniste/libre-échangiste ou souverainiste/européiste ou nationaliste/mondialiste impose des grilles de lecture plus pertinentes que le déclinant clivage gauche/droite. Dans cette course, le FN, LFI et LREM sont plutôt au clair avec leurs idées. Le FN est eurosceptique, pour une Europe des seul​es nations. Il reste flou, c’est vrai, et contradictoire sur la question de l’​e​uro, mais malgré cette zone grise pourtant essentielle, il sera le seul à porter un discours clairement nationaliste. LFI aussi est au clair. En se présentant comme favorable à l’Europe des peuples, des luttes et des solidarités mais surtout en contestant l’idéologie dominante libérale d’une construction européenne qui s’est faite, selon elle, par déni​s​ démocrati​ques successifs, elle trouve sa place logique dans le débat. De même, LREM représente, à l’opposé, la cohérence inverse, libérale pondérée, favorable à plus d’intégration européenne. A remarquer que plus personne n’ose se présenter pour une Europe fédérale. Signe des temps, le fédéralisme est un plus gros mot que le nationalisme !

Pour l’instant les moins cohérents sont LR et le PS

Oui parce qu’il semblerait –à LR-  que Laurent Wauquiez s’engage vers le pan souverainiste et étatiste de la droite. Il y a toujours eu, à droite, depuis le début de ce que l’on appelait la Communauté Européenne, deux visions. La vision dite gaulliste (même si les idées du Général sur le sujet étaient plus complexes), cette vision, autrefois incarnée par Philippe Séguin et Charles Pasqua, s’opposait au traité de Maastricht et recueillait de larges échos populaires. Mais les vrais chefs de la droite, VGE, Jacques Chirac (Chirac qui avait pourtant commencé souverainiste contre Giscard) et Nicolas Sarkozy ont, une fois président, ​toujours défendu plus d’intégration européenne autour du couple ​f​ranco-allemand. Aujourd’hui, Laurent Wauquiez (pourtant ancien disciple du fédéraliste Jacques Barrot) développe un discours souverainiste et même un brin étatiste. Nostalgique de la France des plans quinquennaux et du grand capitalisme d’Etat, il a, ces derniers temps, une  inclinaison plus  Pasqua que Giscard, loin de faire l’unanimité dans son parti !  Et comme toujours, depuis l’émergence de Laurent Wauquiez, on a du mal à savoir si cette ligne correspond à une conviction récente ou à une tactique pour récupérer les eurosceptiques partis au FN. Finalement, les ​E​uropéens des centres droit et gauche se retrouveront, peu ou prou​, autour de la liste LREM (vu l’état résiduel du PS et l’illisibilité de sa ligne, pour un bout de temps) alors que les souverainistes –même possiblement majoritaire​s​ en voix - seront toujours divisés entre deux versions inconciliables : le pan gauche (LFI) et le pan droit, lui-même fracturé entre LR et FN. Le risque, comme après l’inopérante victoire du « non » en 2005, c’est une grande frustration démocratique… 

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