Retour du débat sur le cumul des mandats...

Plusieurs  parlementaires, Gérard Larcher, président du Sénat, en tête, profitent  du grand débat  pour prétendre que le retour du cumul des mandats pourrait être une  solution à la déconnexion entre politiques et citoyens ! Édouard  Philippe dit qu’il n’est pas fermé à l’idée. Voilà une magnifique  entourloupe ! Qui a entendu ça sur un rond-point ou dans  un débat ? En fait, ces politiques tirent argument de la situation pour  affirmer que les Français ne seraient pas contre un retour du cumul des  mandats. C’est extravagant ! Ils profitent du fatras cacophonique du  grand débat (avant que son contenu soit vraiment  analysé et retranscrit) pour nous refourguer le vieux fantasme de  voracité du pouvoir ! Un peu comme cet ado qui viendrait trouver ses  parents, la mine enfarinée, pour leur dire ‘j’ai trouvé la solution pour remédier à mes retards, le matin au lycée...  il me faut un scooter’ ! On lui répondrait ‘bien essayé gamin mais la solution à ton retard c’est de mettre ton réveil un peu plus tôt’ (c’est du vécu...) la proposition des parlementaires en manque de mandats locaux qui veulent maintenant, l’air  de rien, nous refourguer le cumul sent à plein nez la tentative de seconde manche, après une bataille perdue.

Reste ce problème de déconnexion...

Les  shootés au cumul disent que sans cet amas de mandats, ils ne peuvent  pas connaitre la réalité  du terrain. Argument spécieux. D’abord on peut toujours être  parlementaire et conseiller départemental ou municipal. Certes, on ne  peut plus être maire ou maire-adjoint, ni président d’une région ou d’un  département. Les citoyens ont la faiblesse de penser  (dans leur grande majorité et leur non moins grande sagesse) que  députés et sénateurs, chargés de faire la loi (le mieux possible dans un  monde de plus en plus complexe),  contrôler l’application de ce qu’ils  votent, contrôler l’action du gouvernement...  c’est un travail à plein-temps. Tout comme maire d’une grande ville  ou président d’une région ou d’un département. Et pour l’enracinement,  la connexion ? Et bien il suffit de s’intéresser à sa circonscription, à  la vie de ses concitoyens,  non pas à plein  temps en homme ou femme de pouvoir, mais en étant ... je ne sais pas  moi, délégué de parents d’élèves, membre d’une association caritative,  en faisant de temps en temps une maraude avec la Croix rouge de sa ville  ou une permanence aux Restos du cœur, en intégrant  la chorale du voisinage, en faisant du co-voiturage pour emmener les  footballeurs du club de ses enfants, en faisant –un truc dingue- le  marché... Non pas pour serrer des mains mais pour faire ...vous savez...  les courses. C’est pas mal pour connaître le prix  des choses ! En réalité, beaucoup de députés vivent déjà comme ça,  notamment les nouveaux arrivés, dans tous les groupes politiques. Pour  l’instant, le gros problème des novices (et donc de l’Assemblée) n’est  pas tant leur déconnexion que leur amateurisme  parlementaire. Ce défaut a un avantage, par définition : il ne dure  pas. Donc ... comme l’ado et son scooter... ‘bien essayé monsieur le sénateur mais la solution à votre enracinement dans la vraie vie... c’est de la vivre’ !

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