La semaine dernière, il était question, dans cet édito, des bonnes résolutions que devrait prendre la majorité en cette nouvelle année. Aujourd'hui, il est question de celles que devrait prendre le PS. Les socialistes ont gagné leurs galons d’opposants à l’Assemblée Nationale, ils sont maintenant audibles et relativement efficaces, on l’a vu sur plusieurs débats. Il leur reste à incarner une alternative et la bonne résolution que nous pouvons leur souhaiter c'est de faire preuve d’imagination et de créativité ! Les socialistes devraient avoir –logiquement- le vent en poupe puisque tout le monde maintenant réclame une plus forte régulation du marché. Donc fastoche, la gauche n'aurait qu'à dire, « on avait raison ». Evidemment, cette attitude serait suicidaire parce qu'il se trouve que la droite française sait tout à fait incarner le retour de l'Etat, le capitalisme d'Etat. Nicolas Sarkozy est très fort dans l'affichage du volontarisme politique. Les libéraux, les vrais libéraux dé-régulateurs, n'ont jamais eu beaucoup d'influence dans les partis de la droite française. Alain Madelin a longtemps prêché dans le désert avant d'abandonner la partie. L’UMP sait utiliser le vocabulaire libéral quand ça l'arrange mais en réalité, dans sa gestion du pouvoir, elle est très à l'aise avec l'Etat. Les centristes descendent du MRP, attachés à l'idée de solidarité ; les néogaullistes, sont un peu bonapartistes, toujours colbertistes et souvent centralisateurs. Ils sont idéologiquement formatés pour répondre à la crise avec des solutions d'Etat sans avoir l’air de se trahir. Il n’y a pas d’un côté les libéraux qui se sont trompés et les socialistes qui avaient raison ! Du coup, ça impose au PS un effort d'imagination supplémentaire. Il peut être tenté par un déplacement de son discours sur la gauche avec un retour de la vulgate néo-révolutionnaire. On en a eu un exemple dernièrement avec Benoît Hamon, je le cite : « La crise financière a provoqué la crise économique et sociale. Il faudra attendre que la crise sociale, qui se répand partout dans le monde, trouve son débouché politique pour que les vraies ruptures s'opèrent » dit-il. C'est assez incompréhensible mais ça fait vaguement référence à une remise en cause totale du capitalisme, du marché. On semble très loin de la déclaration de principe, de facture sociale démocrate, adoptée par le PS l'année dernière. Arrêter de considérer les débats à droite comme des divisions, c’était une résolution pour 2009. Même résolution pour les commentaires sur le PS ? Ce ne serait que justice mais je crains que ce ne soit pas possible. Il y a des débats intéressants au PS mais ils ne se déroulent pas entre la majorité aubriiste et l’opposition royaliste ! La majorité et l’opposition au sein du PS ne sont déterminées que par la volonté farouche, du côté de Ségolène Royal, de se présenter aux élections présidentielles et, de l’autre côté, d’empêcher Ségolène Royal de se présenter aux élections présidentielles ! Sur l’Europe, sur les grands sujets économiques et sociaux, on ne distingue pas de différences fondamentales entre les deux femmes. La différence de style et de conception du parti pourrait suffire à les séparer si, parallèlement, il y avait un consensus sur le fond au PS mais il se trouve que le vrai clivage est entre les amis de Benoit Hamon et Laurent Fabius d’un côté, et ceux de Ségolène Royal et Martine Aubry de l’autre. Et au lieu d’avoir un PS à deux tendances idéologiques qui débatteraient, on a un PS dans lequel Benoit Hamon, qui prône par exemple un certain protectionnisme (débat tout à fait légitime), est le porte parole de Martine Aubry qui y est tout à fait opposée ! C’est une situation incohérente et sans doute que l’une des bonnes résolutions du PS devrait être d’y remédier en 2009.

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