Hier, Martine Aubry a présenté ses vœux à la presse… et ça a plutôt l’air d’aller pour elle. Oui, mais attention le PS est un pays nordique, les éclaircies sont assez éphémères. L’image du parti socialiste est encore assez mauvaise dans l’opinion. En revanche c’est vrai que les sondages offrent désormais à Martine Aubry une jolie popularité. La patronne de ce pays nordique est un peu comme l’oranger sur le sol Irlandais, attention au gel quand même mais pour l’instant ça pousse. Qu’est-ce qui fait que tout à coup Martine Aubry, qui est la même personne depuis toujours, se voit juger plus capable qu’il y trois mois de régler les problèmes de la France ? Qu’est-ce qui fait que Bertrand Delanoë, dont tant de Français qui n’habitent pas Paris (et il y en a pas mal finalement…) n’entendent plus parler depuis des mois, en font quand même une personnalité à ce point populaire ? Ni Martine Aubry, ni Bertrand Delanoë, n’ont changé ces derniers temps. C’est assez cruel mais leur popularité s’établit beaucoup plus en fonction de l’adéquation de leur image et de ce qu’ils sont à une situation politique du moment qu’à leur travail acharné pour faire des propositions. Prenons Martine Aubry et Nicolas Sarkozy. Leur courbes de popularité se sont croisées à la faveur de la crise. Et ce n’est pas parce que l’un est aux affaires et l’autre dans l’opposition. Les crises peuvent très bien conforter les gouvernements en place, comme en Allemagne ou en Italie par exemple. Non, il s’agit aussi de ce que chacun représente comme façon de faire de la politique. Le succès de Nicolas Sarkozy était venu de ce qu’il réussissait à imposer son ordre du jour au débat politique. Il lançait des débats, faisait mine de briser des tabous, occupait la scène avec cet art du mouvement qu’il maitrise parfaitement. Le reste du monde politique tentait de s’adapter et finalement avait toujours un train de retard sur celui qui avait déjà changé de direction quand on commentait son dernier virage. Ségolène Royal avait la même technique. Surprendre, s’inviter là ou on ne l’attend pas. Tenter d’imposer ses thèmes… Et ça, ça ne marche plus ?! He bien non, la tactique n’est plus valable depuis qu’a éclaté la crise, depuis qu’une actualité économique et sociale s’impose avec une force telle qu’elle rend suspecte, et même indécente, toute prétention à imposer ses propres thèmes. L’épisode catastrophique du débat sur l’identité nationale en est la preuve. Dans ce contexte le profil de Martine Aubry, un peu austère (pas très marante, il faut l’avouer…on n’est pas là pour rigoler non plus !!) bref, Martine Aubry correspond mieux à la période politique actuelle. Cette analyse, qui fait la part belle à l’adéquation aux circonstances par rapport à ce qu’il est convenu d’appeler l’équation personnelle, n’est pas faite pour minimiser les qualités de ceux qui sont populaires mais simplement pour apprécier le caractère aléatoire et conjoncturel d’un beau sondage. La crise, rien que la crise…donc. Ceci posé on est amené à se demander si l’annonce spectaculaire du dépôt d’une proposition de loi sur le droit de vote des étrangers, comme ça, et maintenant ne revient pas à faire du sarkozysme dans la méthode. Cette méthode justement qui ne marche plus. Que le PS dise « chiche » au président sur une mesure qu’il juge juste et en faveur de laquelle on sait que Nicolas Sarkozy s’est prononcé, c’est tout à fait justifié et politiquement logique. La société est sans doute prête et si tous les parlementaires pouvaient voter librement, il y aurait une majorité à l’assemblée pour approuver une telle proposition. Mais ça aurait pu attendre mars, c'est-à-dire après les élections. D’ailleurs la réaction logique de Xavier Bertrand à cette annonce ressemble à un copié-collé de la réaction de Martine Aubry –dénonçant l’opportunisme politique- à l’annonce du débat sur l’identité nationale.

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