Débat de bonne tenue, entre des protagonistes qui maitrisaient leurs dossiers mais qui avaient l’air collectivement tétanisés.

Le premier débat pour la primaire des socialistes a eu lieu jeudi 12 janvier 2017
Le premier débat pour la primaire des socialistes a eu lieu jeudi 12 janvier 2017 © Maxppp / LP/OLIVIER ARANDEL

Des candidats qui avaient l'air tétanisés sans doute par l’état de la gauche de gouvernement, plombée par un bilan encore largement jugé très décevant. Aucune tension majeure entre les candidats, comme si chacun avait intégré qu’il portait une partie du bilan si décrié.

Mais le ‘Valls-bashing’ prévu n’a pas eu lieu. Sur la question économique, c’est le revenu de solidarité proposé par Benoit Hamon et Jean-Luc Benhamias qui a dominé, avec des arguments intéressants sur la faisabilité mais aussi sur la philosophie, la place et la nature de la valeur travail dans un monde numérisée. Hamon peut s’enorgueillir d’avoir fourni le thème central (et novateur) de ce débat, même si les difficultés de financement de ces idées ont été soulignés par les autres débateurs.

Sur la sécurité et les institutions, là encore, un débat responsable… Même la surutilisation du 49.3 puis le projet de supprimer cette disposition par Manuel Valls, n’a pas été l’objet d’affrontement. Enfin quelle évolution de la gauche sur les questions régaliennes après les attentats ! Pas un candidat (et les deux écologistes ne sont pas en reste) pour formuler le moindre bémol à propos des exécutions extra-judiciaires ordonnées par le président dans le cadre de la lutte anti-terroriste.

Petite revue d’effectif

Manuel Valls d’abord : il ne s’en sort pas trop mal pour le plus responsable d’un bilan très sévèrement jugé. Personne ne l’a attaqué hier soir. Il a proposé son autorité, sa volonté… bref sa personne plus que ses idées mais aucune n’est apparue comme véritablement saillante. Ce n’est pas hier soir qu’il aura sombré ni fait la différence.

Arnaud Montebourg non plus. Le format du débat en rang d’oignon n’est pas favorable à ce tribun qui excelle dans le style déclamatoire. Troisième candidat qui, désormais fait partie des favoris : Benoit Hamon, le plus novateur, mais jeudi soir ses projets ont pu apparaître comme une litanie de belles idées au financement peu sûrs.

Vincent Peillon a réussi à apparaître central, à incarner le PS classique et rassurant, se plaçant dans les pas de Lionel Jospin, dernier socialiste au bilan économique (si non politique) flatteur… Mais, là encore, on ne peut pas citer une mesure phare, une raison particulière qui ferait de lui un candidat plus légitime et préparé que Valls, Hamon ou Montebourg.

Sylvia Pinel, le bon sens Radical à la fois solide et effacée. Et puis les deux écolo-hollandais, François de Rugy et Jean-Luc Benhamias. Si François Hollande était devant sa télé hier soir, il a dû les bénir.

François de Rugy avec son look de clergyman et Jean-Luc Benamias, la seule petite attraction de la soirée, avec son faux air (et son débit) à la Stéphane de Groodt, furent les défenseurs les plus zélés du bilan présidentiel.

Au total, ce débat digne, propre, n’aura pas été ce moment décisif, permettant de faire émerger un homme dont on se dirait « tiens, celui-là va bouleverser la hiérarchie à gauche, concurrencer sérieusement le leadership d’Emmanuel Macron et la solide position de Jean-Luc Mélenchon ». En même temps, soyons humble, personne n’avait repéré non plus le départ de la fusée Fillon. En tout cas, moi hier soir je n’ai pas eu le sentiment d’avoir assisté à un départ de fusée.

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