Vous allez donc nous parler du tweet de Valérie Trierweiler…

L’aspect vaudevillesque de cette affaire ne doit pas masquer la vraie faute politique. Au départ, on est gêné en voyant ce tweet, d’ailleurs tout le monde a d’abord pensé que c’était un faux ! On a l’impression de surprendre une scène de jalousie conjugale, une manifestation de rancœur déplacée et incontrôlée. L’une des raisons du succès de François Hollande c’est qu’une bonne partie du pays était fatiguée de cette « anormalité » que constituait la mise en avant des couples présidentiels Sarkozy. Des aléas de son divorce, du « entre Carla et moi c’est du sérieux », des minauderies. Mais là, la situation est d’autant plus troublante que Valérie Trierweiler semble contrecarrer la volonté de François Hollande de discrétion et de retenue. Et c’est lui qui est, par principe, responsable de cette situation. Sa compagne met le pied dans la porte du protocole et de la politique. Qu’elle ait ses engagements, pourquoi pas, après tout, Madame Chirac était même candidate et élue aux cantonales en Corrèze, Madame Mitterrand troublait la diplomatie française en soutenant le sous-commandant Marcos ou les revendications kurdes… Mais que celle qui partage la vie du Président intervienne dans ce cas si particulier concernant l’ancienne compagne du chef de l’Etat, et pour des raisons qui ne sont pas que politiques -loin de là- voilà un mélange des genres proprement insensé !

Il n’y a pas de statut de Première dame en France. Valérie Trierweiler a beaucoup dit qu’elle cherchait sa place…

Oui mais il n’y a aucune place à trouver. Sa seule place est du domaine privé. Il y a sans doute un minimum de représentations à assurer, et encore, ce n’est écrit nulle part. En France dans cette république néo-monarchique, la femme du roi n'est pas la reine. Malheur au souverain qui ne comprend pas cette règle ! On a vu Valérie Trierweiler emboîter le pas de François Hollande, le jour de son investiture lorsque celui-ci saluait les corps constitués, le président du conseil économique et social ou les représentants des cultes… Elle serrait les mains de ces personnalités, comme une vice-présidente mais les Français ont élu une seule personne, pas un couple. On ne voit jamais le mari de Madame Merkel. On ne connaît pas Madame Ayrault, personne ne connaissait Madame Fillon ; Madame Jospin était connue par ses travaux universitaires… Aucune parole ni représentation publique de « Première dame » n’est attendue par les Français. Cette histoire, qui n’est pas qu'anecdotique, devrait servir d’avertissement au Président parce qu’elle soulève une question plus politique : au départ c’est François Hollande qui décide (ou se laisse convaincre) de soutenir la candidature de Ségolène Royal. Celle-ci s’en prévaut dans un document de campagne ! Voilà qui n’est pas du tout raccord avec la séparation des pouvoirs, avec la promesse du candidat Hollande de ne pas se mêler de la vie partisane. C’est un accroc au « moi, président », devenu le mètre-étalon de ce que devra respecter François Hollande, comme « la république irréprochable » fut (pour son malheur) celui de la présidence Sarkozy.

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