La question identitaire se présente comme un thème central de la primaire de la Droite et du Centre.

La question identitaire se présente comme un thème central de la primaire de la Droite et du Centre.

Oui remarquons d’abord que c’est un sujet de clivage pour chaque force politique. Au FN on vient d’assister à une passe d’armes entre Marion Maréchal Le Pen et Florian Philippot. La première affirmait, à l’adresse du second, que les Français étaient plus « préoccupés par la burqa que par la sortie de l’Euro ». Au PS, le discours laïc très ferme de Manuel Valls, selon lequel il faut mener une lutte idéologique et politique sans merci contre l’islam radical, s’oppose à l’attitude de JL Bianco (président de l’observatoire de la Laïcité), qui préfère prôner une laïcité en douceur faite d’accommodements raisonnables. A gauche de la gauche, l’identité ne domine pas les programmes, mais il y a un âpre débat intellectuel (universalistes contre différentialistes). Il oppose – d’un côté les anticléricaux, qui voient dans la montée de l’islam radical ou simplement politique une insupportable pression réactionnaire et liberticide (nous avons reçu Didier Daeninckx il y a quelques semaines qui était sur cette position)… et d’un autre côté, ceux qui pensent qu’il faut que l’islam, religion d’une population discriminée, soit plus libre et plus visible en France, pour que notre société accepte mieux les différences. Ceux-là vont même jusqu'à dire que certaines valeurs que l’on juge universelles sont des valeurs occidentales que nous devrions cesser d’imposer aux autres. C’est la position, par exemple, d’Edwy Plenel à travers ses écrits…

Et puis, venons y… le thème identitaire est au cœur de la primaire de la droite.

Oui, pour des raisons de fond et aussi stratégiques ! La primaire ouverte est un exercice inédit à droite et personne ne sait quelle sera la nature sociologique de l’assiette électorale. Qui sont les 3, 4 peut-être 5 millions de Français qui voteront en novembre ? Nicolas Sarkozy pense qu’il aurait plus de chance de remporter la primaire si l’électorat de droite le plus populaire se déplaçait en masse. Un électorat supposé plus sujet au vertige identitaire. L’ancien président développe donc un discours très ferme sur la question. Alain Juppé, lui, estime que les problèmes économiques sont plus importants. Au moins, qu’il faut d’abord les traiter pour que la question identitaire soit moins corrosive pour la société. Il ne s’agit pas de nier qu’il y a bien, en France, une grande interrogation existentielle (donc identitaire). Mais, il faut prendre ces débats avec précaution et une grande méfiance, parce qu’ils permettent des effets de tribunes faciles, manipulateurs, irrationnels, assez efficaces pour se faire ovationner par les militants, et peut-être pour gagner des élections… En revanche pour régler cette question identitaire, les propositions concrètes dépassionnées sont plus rares, plus complexes. Il n’y a plus qu’à espérer que ce débat…puisqu’il est dit qu’il dominera la primaire, soit mené de façon calme ! Pour ne pas déchirer un peu plus la société…Les propositions formulées par Gérald Darmanain, le maire LR, de Tourcoing, pour favoriser l’émergence d’un Islam de France (et qui feront bientôt l’objet d’un livre) vont dans ce sens. Il est donc possible de traiter de ce sujet de façon dépassionnée. Les participants à la primaire ont là une grande responsabilité.

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