Par Marc Fauvelle.

Europe, retraites ou mariage gay, c'est une semaine cruciale qui s'ouvre pour François Hollande…

Il y a des moments, dans un quinquennat où tout se bouscule à l'agenda… Et la semaine qui débute aujourd’hui, si elle sourit à François Hollande, pourrait bien le propulser enfin dans le deuxième temps de son mandat, et pourquoi pas même, marquer le début de l'opération reconquête.

Tout va débuter ce matin, avec le coup d'envoi de la réforme des retraites. Le chef de l'Etat a choisi une méthode qui lui a réussie jusqu'à présent, celle de la concertation ; sans préjuger du résultat des négociations, si tout se passe bien, il pourra au moins mettre à son actif le fait d'avoir essayer, là où Nicolas Sarkozy avait imposé. Demain mardi, rebelote, cette fois au Sénat où l'accord sur l'emploi devrait être définitivement adopté. Là encore, François Hollande disposera d'une nouvelle corde à son arc et d'un nouveau point à son bilan. Mais c'est en milieu de semaine que le Président va jouer le plus gros, mercredi à Bruxelles, lors d'un déjeuner avec la commission européenne. Se fera-t-il taper sur les doigts, pour ne pas avoir tenu les objectifs de déficit, ou au contraire, apparaîtra-t-il comme celui qui a fait plier les Thénardier européens du déficit ?

C'est fort ou non de ce succès que François Hollande tiendra le lendemain, jeudi, la deuxième conférence de presse de son quinquennat. Une tribune médiatique qu'il peut transformer en succès, à condition d'avoir quelque chose à annoncer et de ne pas donner l'impression de radoter, lui qui s'est beaucoup exprimé ces derniers temps. Si tout se passe bien encore, François Hollande aura obtenu juste avant de parler, la décision du Conseil constitutionnel sur le mariage gay. Un feu vert lui enlèverait une sacrée épine du pied, et aurait pour conséquence de démobiliser les opposants qui doivent manifester à nouveau dans deux semaines. Ce serait vraiment la semaine rose du Président…

Voilà ce que pourrait être la semaine idéale de François Hollande mais il suffirait de presque rien, pour que tout s'enraye…

Reprenons l'agenda, mais cette fois dans sa version catastrophique... Les négociations d'aujourd'hui à Matignon ? Il suffirait d'une porte qui claque ou d’un appel à manifester de la CGT contre la réforme des retraites, et François Hollande apparaîtrait comme trop faible, incapable d'imposer une réforme indispensable avec le risque en plus de voir les syndicats et le Front de gauche passer le printemps derrière les mêmes banderoles. L'accord sur l'emploi demain au Sénat ? Là encore, il suffirait d’un petit grain de sable, que l'UMP décide de voter contre plutôt que de s'abstenir, pour que le texte soit rejeté. Et que l'on parle à nouveau de revers pour le gouvernement sur un texte, qui plus est, emblématique.

Idem pour la réunion de mercredi à Bruxelles. Quelques mots, quelques critiques devant les caméras de la part des commissaires européens, et François Hollande repartirait à Paris affaibli sur la scène européenne. Sans parler de la conférence de presse de jeudi. Si les Sages venaient à censurer le mariage pour tous, comme ils l'ont fait avec la taxe à 75%, ou si Jérôme Cahuzac choisissait malicieusement ce jour là pour officialiser son retour en politique, c'en serait fini du rebond espéré... François Hollande en serait réduit à commenter les mauvaises nouvelles, et on ne retiendrait rien d'autre de sa prise de parole, ce serait un coup pour rien.

Le point commun entre ces deux séquences, la rose ou la noire, c'est qu'elle ne dépendent pas, ou très peu, du président de la République, il sera presque spectateur de la décision des autres, que ce soit l'Europe, le Conseil constitutionnel ou Jérôme Cahuzac…

Le redémarrage du quinquennat est entre leurs mains et François Hollande ne peut compter cette semaine que sur une seule chose, qui être honnête, lui a plutôt fait défaut depuis qu’il est à l’Elysée, ça s’appelle la baraka.

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