Claude Bartolone va donc mener la campagne des socialistes en Ile-de-France pour tenter de conserver la région au PS. Oui et l’épisode qui a abouti à ce choix est un exemple des plus désolants de la survivance, au PS, de méthodes et de réflexes hérités de la politique à l’ancienne. Tout y est dans ce que l’on peut légitimement détester de la politique ! Ce n’est pas la personnalité de Claude Bartolone, élu respecté de la Seine Saint Denis, qui est en cause, mais le processus auquel il a pris part qui représente exactement ce qui fait fuir les militants (privés de primaires) et surtout les électeurs du PS. Le personnage principal de cette caricature est Jean-Paul Huchon, le président sortant de la région, qui a sans doute eu un jour une conception un peu éthique de la politique puisqu’il fut rocardien. C’était au siècle dernier. Il faut lire les déclarations hallucinantes de Huchon dans Le Monde daté d’hier. Il y utilise une rhétorique guerrière, « couillue », pour montrer qu’il n’était pas prêt à céder sa place. Comme si Monsieur Huchon, élu sur scrutin de liste (c’est-à-dire pas sur son nom) était propriétaire de son mandat depuis 17 ans. Aujourd’hui, il est poussé dehors par son parti. Et, écoutez comment il parle de ses administrés « c’est très violent de se voir retirer ses enfants, surtout quand on n’a pas été un mauvais parent ». Vous habitez en IdeF Patrick quand vous n’êtes pas à Cannes ou à Cuba ?Oui ! Et bien sachez que Jean-Paul Huchon vous considère comme son fils. Et pour vous, pour tous nos auditeurs franciliens, Jean-Paul Huchon est votre Papa ! Mais à la fin de l’interview, il parle plutôt comme un parrain : « je suis président de la Région jusqu’en décembre. Bartolone ne peut pas gagner sans moi. Et s’ils veulent que je joue le jeu, il va falloir qu’ils se bougent ». Autrement dit, « je suis à vendre mais c’est cher ». Un peu plus tôt, papa (oui, je suis aussi francilien) explique qu’en échange de son départ, il se verrait bien ministre. Et puis, qu’apprend-on ? Que quelques heures après avoir donné cette interview, il jette l’éponge et rejoint Bartolone ! A-t-il obtenu une compensation ? Claude Bartolone dit ce matin dans Le Parisien que ce n’est pas de son ressort. Ce qui accrédite l’idée qu’il y a une compensation ! Il parait qu’Huchon et Hollande se voient aujourd’hui. Le président de tous les Français s’occupe donc de ça ?! A lire les propos de papa Huchon, teintés d’un mélange trop classique de cynisme menaçant, de paternalisme déconnecté, et de notabilité imbue, on n’ose pas imaginer le dialogue entre les deux présidents. Il est à craindre qu’il ne soit pas vraiment question des ennuis du RER A ou de la dégradation des lycées de Seine-Saint-Denis. Peut-être du PS…plus sûrement de Huchon lui-même. Comment le recaser pour qu’il ne torpille pas la campagne de Bartolone ? Une mission pour le gouvernement ? Un ministère ? La tête du Conseil économique et social ? Si JP Huchon décroche, dans les prochains mois, un quelconque poste à plumes… il sera alors confirmé que, Lui président, François Hollande, est finalement bien comme ses prédécesseurs.

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