La gauche a téléchargé "Zoom"... Et ça phosphore ! Un texte d’appel à l’union va bientôt paraître avec des signatures trans-partisanes pour ne pas laisser passer ce moment historique sans préparer une offre politique adaptée.

La rose et le poing, emblème du Parti Socialiste depuis 1971
La rose et le poing, emblème du Parti Socialiste depuis 1971 © AFP / Riccardo Milani / Hans Lucas

Des responsables socialistes, écologistes, des communistes, ont  téléchargé, comme tout le monde, l’application "Zoom" et multiplient les réunions. Plusieurs cercles cogitent… Un texte d’appel à l’union va bientôt paraître avec des signatures trans-partisanes pour ne pas laisser passer ce moment historique sans  préparer une offre politique adaptée. 

Le déconfinement ne doit  pas être une décongélation, où l’on retrouverait à l’identique le paysage de la gauche d’avant. Tant de choses sont bouleversées… 

La  gauche constate que, pour résoudre cette crise, beaucoup de ses  solutions sont mises en œuvre : la fin du dogme budgétaire, 

Mais aussi l'idée qu’il faut réinventer de nouvelles solidarités, de nouvelles  façons de produire et de consommer. Après la crise sanitaire, le social sera au cœur de la présidentielle. Bref, la gauche se paie peut-être de mots, toujours est-il qu’elle se sent dans le coup… Forts de ce constat, et tirant les leçons des municipales, la possibilité d’une candidature unique, écolo-socialiste apparaît possible.

Quelles leçons tirer des municipales ? 

Ceux que l’on dit forts ne le sont pas tant que ça et ceux que l’on dit faibles ne sont pas si faibles. Voilà la meilleure configuration pour l'union... Les écologistes sont maintenant la matrice de la gauche. Mais s’ils ont impressionné à Lyon, Strasbourg, ils ont déçu à Paris, Marseille. Les socialistes ont fait mieux que sauver les meubles. Leur implantation locale tient. 

Chacun est conscient qu’ils ne gagneront plus sans l’autre. Pour la  présidentielle, le PS, son appareil, son argent, son savoir-faire, le  côté rassurant de parti de gouvernement, semble quasiment prêt à se mettre au service d’un candidat écologiste : Yannick Jadot. 

Il faut dire que pour l’instant, Anne Hidalgo et Arnaud Montebourg  disent ne pas vouloir y aller et Bernard Cazeneuve semble attendre, comme le Général, "les circonstances". Dans leur for intérieur, les socialistes, encore meurtris par la déroute de 2017, savent  que la meilleure façon de ne pas déchirer ce qui reste de ce vieux parti, c’est de se trouver un candidat extérieur. 

Un écologiste, puisqu’il est  acquis que c’est par l’écologie que la gauche se rénove. Olivier Faure,  patron des socialistes, si peu rongé par l’ambition personnelle (rare lucidité en politique) travaille à l’unité, et donc  déjà (consciemment ou encore confusément) à une candidature Jadot. 

Ce  dernier laisse faire, bien sûr. Il estime (comme tous les leaders de  tous les partis, me direz-vous) que la crise valide ses thèses… Et il travaille sa stature, s’intéresse de près au social, visite des usines et tente de se ‘régalieniser’ en dévorant des  biographies de de Gaulle. 

Pendant ce temps-là, Jean-Luc Mélenchon s’inquiète un peu de cette géographie qui se met en place. Comment le moment social qui vient et nourrira la colère latente pourrait-il lui échapper ? Pense-t-il. Il a le sens de l’histoire et sait qu’il doit s’ouvrir ! 

Il reprend langue avec d’anciens camarades  socialistes, conciliabule ostensiblement à l’Assemblée  avec Olivier Faure, tweete un haïku à la gloire de François Mitterrand le 10 mai… Le pire pour lui serait que les socialistes trouvent une  solution intelligente pour 2020… comme rester unis et embrasser vraiment l’écologie !

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.