C’était hier une allocution historique pour des annonces hors normes vont sur le bouleverser nos vies quotidiennes, la vie du pays : la fermeture de tous les établissements scolaires, la consigne de confinement relatif des plus de 70 ans et des plus fragiles… Retour sur la déclaration du Président de la République.

La suspension  des visites dans les maisons de retraite, en passant par la mise en place du télétravail à outrance et du chômage partiel, "quoi qu’il en coûte"… Cette expression a été répétée plusieurs fois comme un mantra.

Ce discours est aussi un discours politique, un choix assumé de ne pas fermer le pays, de maintenir les élections, de ne pas mettre le monde économique sous cloche… Les restaurants, tous les commerces restent ouverts pour préserver une vie sociale et les possibilités de rebond. 

En déclarant qu’il se fie aux scientifiques, à ceux qui savent, le président fait un choix : celui, dit-il, ‘de la rationalité’. Tout fermer, adopter des mesures plus drastiques encore de confinement, prononcer des interdictions de circulation des fermetures de frontières, dresser des listes de pays dont les ressortissants seraient indésirables, comme le font beaucoup d’autres gouvernements à travers le monde moins touchés que nous, et alors qu’il parait évident maintenant que nous allons connaître (en terme de volume de malades) une situation à l’italienne… 

Tout fermer, donc, eut été un autre choix stratégique mais aussi politique (presque philosophique), assume-t-on à l’Elysée…

Le discours d’hier (qui met aussi en avant la nécessaire coopération mondiale) est, en tout point, le négatif du discours de fermeture de Donald Trump. Il fut un temps où, pour se définir, pour décrire le nouveau clivage politique dont il estimait représenter l’un des pans, Emmanuel Macron parlait de société fermée versus société ouverte.  Et donc Emmanuel Macron propose la réponse d’une société ouverte… 

C’est, du moins, le discours tenu à l’Elysée. Et c’est un pari politique… Un pari réfléchi, assis sur une vision du monde et de la société. Mais un pari parce que, même si les scientifiques ne lui demandent pas en effet d’aller plus loin (pour l’instant) dans les restrictions, on ne saura qu’après le reflux de l’épidémie, dans quelques semaines, si c’était la bonne solution. Ça l’est, à n’en pas douter, pour l’économie… 

Mais pour la situation sanitaire ? Cet épisode laissera une marque profonde, positive ou négative (selon la pertinence du choix) sur le quinquennat d’Emmanuel Macron. Ce qui était aussi flagrant dans le propos du président hier, c’était la remise en cause d’un certain libéralisme économique dont il était (pour le coup) l’un des représentants en France. 

Il est certain que cette crise va ouvrir une ère de vaste réflexion sur notre modèle économique, alors qu’il faudra (le président l’a souligné de différentes façons) renforcer ce qui fait la spécificité de notre modèle social basé sur la gratuité et la solidarité. Emmanuel Macron choisit la rationalité, une certaine mesure, une gradation… La France ne se ferme pas. Nous allons traverser des semaines cruciales, graves… Il n’est pas temps de tirer les leçons politiques de cette épidémie qui ne fait que commencer. 

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.