Retour sur le débat d’hier…

Alors, vivement lundi parce que l’on commence à connaître tout par cœur, je me suis surpris à finir les phrases des deux débatteurs devant mon poste de télévision… Sauf quand ça devenait trop technique et que l’on commençait à entrer dans le détail du coût d’un redoublement en CE1… Là, je pense qu’il fallait être soit instituteur en CE1, soit Enarque chargé d’un rapport sur la question pour apprécier la subtilité de l’escarmouche. Finalement, tout s’est passé comme si les deux protagonistes avaient entendu le vibrant appel de Jean-Pierre Mignard, hier, à ce micro. Le porte-parole de la Haute autorité des primaires demandait fermement aux débatteurs de ne pas tomber dans le dénigrement mutuel. Et finalement, les attaques ont été contenues. Martine Aubry qui avait besoin de souligner la mollesse du positionnement de François Hollande n’a finalement pas pu aller au bout de sa réprimande. Ainsi, si la maire de Lille a assez efficacement démonté le mécanisme de contrat de génération proposé par François Hollande, elle ne pouvait pas aller trop loin dans la qualification de cette mesure et de celui qui la propose, sans se voir accusée d’abîmer le probable futur candidat de la gauche. La partie était donc très complexe pour Martine Aubry et sans entrer dans le petit jeu du « qui a gagné hier soir ? », suivant en cela le conseil argumenté de Sylvain Bourmeau dans Libération ce matin, on constatera simplement qu’après les multiples interventions des deux candidats ces derniers jours sur toutes les antennes, sur tous les sites d’infos et dans tous les journaux, les électeurs de dimanche dernier n’ont pas beaucoup plus d’éléments pour trancher. Donc, mécaniquement cela remet la dynamique du coté de celui qui est en tête et qui a déjà enregistré trois soutiens parmi les éliminés du premier tour.

La relance de votre édito hier matin était : « L’ombre d’Arnaud Montebourg va-t-elle planer sur le débat ? », alors son ombre a-t-elle plané ?

Non, c’était à peine un voile. On a senti quand même qu’Aubry et Hollande ont un peu durci le ton contre les banques, le ton seulement, parce qu’ils n’ont pas fait de véritables concessions programmatiques. Ils n’ont pas voulu se soumettre au kamasutra politique que leur proposait le député de Saône-et-Loire quand il disait qu’il fallait que « François Hollande et Martine Aubry fassent entrer leur cohérence dans sa cohérence !» Aucun des candidats n’a repris le terme « dé-mondialisation » à son compte. Aucun d’eux n’a proposé, à proprement parler, de mettre les banques sous tutelle. Ni François Hollande, ni Martine Aubry n’ont souhaité non plus s’engager vers la sixième République, le projet le plus emblématique défendu par Arnaud Montebourg. Ce matin, celui-ci doit donner sa réponse. Qui va-t-il soutenir ? Au vu de ce qui a été dit hier soir, il pourra répéter sa formule empruntée au communiste Jacques Duclos pour justifier de son abstention lors du deuxième tour de l’élection présidentielle de 1969 qui opposait le gaulliste Pompidou au centriste Poher : « blanc bonnet et bonnet blanc ». Là, il ne s’agit pas de s’abstenir mais sans doute de ne pas donner de consigne de vote très claire tout en désignant quand même, de façon plus ou moins explicite, François Hollande histoire de renforcer la victoire finale de celui qui, mathématiquement, a le plus de chance de l’emporter… Et puis demain c’est la quille ! Dernier édito sur la campagne des primaires!

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