Ce matin, vous vous demandez s’il y a bien eu clarification de la ligne au moment du dernier remaniement…

Vous vous souvenez, quand Arnaud Montebourg et Benoît Hamon ont été remerciés, on disait : « le gouvernement va parler d’une seule voix. Du moins, son discours ressemblera à ses actes ». Quoi que l’on pense, sur le fond, de la politique de l’offre ou de la demande, on ne pouvait que se réjouir de voir une ligne l’emporter sur l’autre. Il était urgent qu’au bout de deux ans de présidence Hollande, un sillon soit enfin creusé clairement, même si ce n’est pas véritablement celui qui avait été promis pendant la campagne. Eh bien, on s’aperçoit que la clarification, sans espoir de résultats rapides, fait apparaître des nuances comme autant de fractures. Plus l’exécutif sort de l’ambiguïté, plus apparaissent d’autres nuances. Nous avions, du temps d’Arnaud Montebourg à l’économie et de Michel Sapin aux finances, un socialiste assez classique, volontariste et étatique contre un social-démocrate bon teint, tempéré et partisan de l’apaisement. Aujourd’hui avec Michel Sapin aux finances (qui représente la ligne Hollande, pour faire vite) et Emmanuel Macron à l’économie, nous sommes vraiment dans la nuance subtile. Sapin est toujours Sapin, et Macron est un social-libéral, volontariste. On retrouve là, d’ailleurs, une caractéristique montebourrienne (la seule !)

La nuance est quand même dure à apprécier !

Mais sur un tel sujet, sur l’indemnisation des chômeurs, tout est dans la nuance, surtout dans un contexte où l’on a l’impression que rien ne bouge. Faisons-nous un instant les exégètes de la pensée de l’exécutif : François Hollande, en bon social-démocrate estime que le problème de l’assurance chômage doit être réglé par les partenaires sociaux en 2016. C’est le prochain rendez-vous. Et il pense vraiment qu’ils peuvent, devant le gouffre qui se creuse, finir par décider d’eux même de revenir, par exemple, à une plus forte dégressivité des indemnisations. Emmanuel Macron et Manuel Valls pensent, en bon volontaristes étatiques (oui, c’est bizarre, on peut être social libéral et volontariste étatique, c’est très français)…ils pensent qu’il faut, comme ce fut le cas en Allemagne, que l’Etat se penche sur la question. C’est bien aux partenaires sociaux de faire avancer les choses mais, précise-il, comme l’Etat garantit financièrement le régime, « il peut aussi reprendre la main si les blocages sont trop lourds ». On sent bien que ça le démange, que ça ne va pas assez vite. On sent surtout qu’il faut montrer à Bruxelles qu’on a le courage d’évoquer des réformes structurelles… Seules conditions pour faire accepter un budget décevant pour la commission. Ce qui est significatif dans cette affaire c’est que, généralement, c’est la presse qui surligne lourdement les divergences au sein d’une majorité, alors que le parti au pouvoir tente de les atténuer. Là, c’est le PS lui-même qui s’est insurgé… preuve que cette majorité n’est plus que virtuelle, artificiellement maintenue par des institutions que François Hollande doit vénérer par-dessus tout chaque matin...

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