Première grande explication entre les 150 français tirés au sort de la Convention Climat et le président…

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron © AFP / Ludovic Marin

Ils se sont écrit et leurs lettres se sont croisées… à moins que le président ait su qu’un courrier se préparait et que, ne voulant pas être sur la défensive, ait pris l’initiative d’envoyer, lui aussi, une missive. 

Il fallait cette explication. Emmanuel Macron, souvenez-vous, avait promis en juin, que (à l’exception de trois jokers) il reprendrait toutes les propositions, les soumettrait en l’état au législateur et même, si le législateur se montrait pusillanime, qu’il passerait par le référendum ! On sait maintenant que, si certaines propositions sont en chantier ou déjà appliquées, d’autres ont été largement démembrées par le gouvernement. 

Le président pensait sans doute plus, quand il s’est exprimé, à l’effet immédiat de son discours sur l’opinion qu’à sa faisabilité. Bref, il s’était trop avancé.  La lettre que les 150 lui adressent est une demande de clarification, je cite :

Nous avons le sentiment de manquer d’un soutien clair de la part de l’exécutif dont les prises de position nous apparaissent parfois contradictoires. Des déclarations discordantes au sujet de l’aérien, de la publicité, du déploiement de la 5G, de la baisse de la TVA sur le transport ferroviaire, viennent obscurcir la parole présidentielle.

Le propos n’est pas vindicatif mais il est clair.

Et que dit le président dans sa lettre ?

Il fait la liste de ce qui est réalisé ou en cours : 

  • le retour du ferroviaire de proximité, 
  • le plan vélo, 
  • l’arrêt du chauffage aux terrasses de cafés, 
  • l’obligation subventionnée de remplacer les vieilles chaudières, 
  • les mesures contre l’artificialisation des sols, 
  • les systèmes de bonus pour les véhicules électriques, 
  • 7 milliards pour la rénovation thermique des bâtiments. 

C’est loin d’être négligeable mais il manque du structurant sur la fiscalité ou l’agriculture… il y a même un recul avec la réintroduction des néonicotinoïdes pour la betterave sucrière. 

Emmanuel Macron explique que certaines des mesures font débat dans la société. Ça devait être transmis au parlement sans filtre… il y en aura bien un. 

Une loi sera présentée en décembre et on verra si les parlementaires de la majorité (réputés plus écologistes que le gouvernement) poussent un peu les feux. 

Ce qui est intéressant c’est de constater à quel point l’association des 150, qui s’est constituée après ses travaux officiels, continue à travailler. Un petit tiers d’entre eux enchaine les réunions d’informations à travers la France, rencontre les élus, se fait, partout (et bénévolement) l’ambassadeur du travail pour lequel il avait été appelé par hasard. Un d’entre eux a été élu maire et deux devraient se retrouver sur les des listes régionales. Cette vitalité, démocratiquement réjouissante, montre à quel point le chantier de l’inventivité démocratique est ouvert. Il devrait faire l’objet d’une attention plus soutenue de la part d’un monde politique en proie à la défiance populaire.

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