352 amendements examinés en 4 jours à l'assemblée nationale sur les 137 600 déposés. Le débat sur la privatisation de Gaz de France s'enlise. Le gouvernement et la majorité en viendront-ils à bout d'ici fin septembre et comment ? En tout cas, ca cogite, ça "brainstrome", ça fait "turbuler" les méninges et ça "conciliabule" dans tous les coins ! Et chacun avance sa solution pour se sortir de ce bourbier parlementaire. Les sarkozystes continuent de penser qu'il n'y a pas d'autres issues que de brandir le 49.3, Dominique de Villepin n'est franchement pas chaud; certains évoquent la suspension de la discussion, on arrête tout, mais ce serait évidemment vécu comme une défaite pour la majorité, d'autres enfin comme le socialiste Paul Quilès évoque un référendum: "que le président de la république dit-il, en appelle à la légitimité suprême, le peuple, comme le lui permet l'article 11 de la constitution" En réalité, en coulisses, l'exécutif est assez serein. L'Elysée, Matignon, le président de l'assemblée c'est à dire Jean-Louis Debré invité dans quelques instants et celui de la commission des affaires économiques sont à la manoeuvre. En vieux briscards du parlement, ils croient avoir trouvé la parade. Une technique parlementaire qu'on pourrait décrypter sous l'appellation "stratégie du double effet kiss cool". Premier temps : le gouvernement laisse le débat s'installer. La gauche veut du débat, on lui en donne; elle veut parler "définition du service public", on définit ! Et on laisse du temps au temps. Mais pendant ce temps là justement, on prépare le terrain. Si Jean-Louis Debré a posé pour la photo submergé par des montagnes de papier symbolisant les montagnes d'amendements, ce n'était pas pour la gloire mais pour frapper les esprits. La gauche obstrue, la gauche bloque mais ne propose rien - ça, c'est la petite musique qui accompagne la photo. Elle devrait devenir assourdissante maintenant que la journée de mobilisation des gaziers est derrière nous. Et à partir de là, 2ème effet "kisscool", on taille à la hache dans les milliers d'amendements. Comment ? En ré écrivant, un seul amendement qui fait tomber tous les autres. Quand des dizaines se déclinent sur le thème "le ciel est bleu, rouge, vert etc", la majorité adopte "la mer est belle et qu'importe la couleur du ciel" et ça passe ! Concrètement ça donne : l'article 10 du projet de loi définit le seuil de participation de l'état dans le capital de GDF. 53 000 amendements énumère à la décimale près, les seuils possibles. Un seul, déposé en séance par le gouvernement ou la commission et qui re rédige ce seuil minimal, et c'est 53 000 amendements qui tombent d'un coup, sans qu'il faille les examiner un à un! Efficace non ? Efficace mais brutal. Le gouvernement s'attend aux cris d'orfraie de l'opposition, c'est pour cela qu'il lui faut choisir le moment opportun pour sortir cette arme nucléaire. Il sera particulièrement attentif à l'humeur de l'opinion publique. Qu'elle semble se lasser de la guérilla menée par le gauche, et il n'hésitera pas à dégainer très vite. A l'inverse, qu'elle manifeste de la compréhension voire du soutien à cette cause, et la parade imaginée par l'Elysée, Matignon, et leurs amis de l'assemblée dormira dans les cartons. Ne restera plus alors que le 49.3.

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