"Plus c'est gros, plus ça passe". Cette phrase, prêtée à François Mitterrand, résume bien la posture à la mode. Prenons par exemple Jean-Pierre Raffarin. Homme courtois, policé, pondéré mais qui mute lorsqu'on prononce devant lui le nom « Ségolène Royal ». Voilà donc notre Sénateur Raffarin, en phase génétiquement modifié, demandant depuis ce week-end la démission de Royal de la présidence de Poitou Charente. Il est vrai que ça la fout mal, la condamnation aux prud'hommes de l'ex candidate, après 11 ans de procédure pour non paiement de quelques mois de salaires à deux attachées parlementaires. La morale de l'histoire, c'est que lorsqu'on a été candidate à la présidentielle, et bien on est comptable de tout, ce qu'on dit, ce qu'on fait, passé présent futur. La morale aussi, c'est que l'UMP nage vraiment en pleine confusion interne et qu'il est bon, dans ces moments de crise, de faire diversion. La conférence solennelle de vendredi dernier sur le cas Royal ayant fait pschitt, voilà le soldat Raffarin renvoyé au front. Plus c'est gros, plus ça passe. Ce qui est gros aussi, c'est le gros silence du PS, qui ne doit pas trouver ça désagréable, finalement. Remarquez, on peut comprendre, le PS étant au travail collectif comme chacun le sait et peut le constater. Les textes s'alignent, la créativité, les propositions, le parti brille de mille feu, n'est-ce pas ? C'est en tout cas ce qu'on nous vend à longueur de jour. J't'en ficherais, moi, du congrès utile et serein ! Plus c'est gros plus ça passe : vos réactions sur « maclaquedups.fr » ! Lui aussi d'ailleurs, il aime bien la grosse ficelle, Martin Hirsch. Possible futur couac au gouvernement. Que nous dit-il, l'ami Martin et son RSA ??? Il nous dit "Tant que ça progresse, je reste au gouvernement" donc on en conclue que s'il reste, c'est que ça progresse. Et là, tout le monde se gondole, de le voir explorer les fonds de tiroir ! Comme se gondolent en douce les députés UMP après le numéro de pathos de Jean-François Copé, leur patron à l'assemblée. Coeur blessé par la vilaine NKM, coeur rasséréné par la gentille NKM lorsqu'elle s'est excusée. Plus c'est gros plus ça passe ! Mais parfois d'ailleurs, c'est tellement énorme que ça ne passe pas, comme l'instruction d'une plainte pour favoritisme, dans l'affaire du casino de Gujan Mestras ordonnée, vendredi, contre l'avis du parquet, par la cour d'appel de Paris à l'encontre du ministère de l'intérieur lorsqu'il était dirigé par Nicolas Sarkozy. Eh bien peu de réactions en vérité, peu de papiers. Il est vrai qu'il nous arrive parfois de rater un dinosaure dans un couloir. Moralité, plus c'est gros, plus ça passe, plus ça lasse et plus ça casse ! Parfois, on a même mal pour eux, nos amis politiques, tellement enfermés dans leur bocal qu'ils en oublient l'océan qui les observe. L'océan, c'est cette opinion qui n'est plus dupe de rien, ni des trucs ni des ficelles. Elle le dit, au fil des sondages où l'exécutif chute mais où la gauche ne remonte pas ; en s'abstenant aussi pour un scrutin municipal qui est une première alerte de la maladie qu'on croyait guérie avec la très forte participation à la présidentielle - cette maladie s'appelle la défiance. Un italien a trouvé un moyen très drôle de l'exprimer hier, près de Naples. Il a mangé son bulletin de vote, pour exprimer son ras le bol de la classe politique italienne. L'homme est poursuivi pour destruction de matériel électoral ! Plus c'est grosso, plus ça passo. Une chronique de Françoise Degois .

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