**La majorité est au bord de la rupture, et Nicolas Sarkozy, lui, affiche son optimisme.Je la sens bien, pas la chronique, ni autre chose... Si je vous dis cela, c’est en référence à la déclaration qui a fait jaser hier. Celle du chef de l’Etat, qui recevait les députés UMP à l’Elysée, et qui a dit à propos de la présidentielle de 2012 : « moi, la situation, je la sens bien ». Une quasi-annonce de candidature... Pourtant, c’est plutôt la panique autour de lui...La semaine dernière, c’est Jean-Louis Borloo qui a claqué la porte de l’UMP, avec son parti Radical. Ce qui ne l’a pas empêché d’assister à la réunion du groupe hier matin, ce qui est un peu gonflé, ont fait remarquer certains. C’est comme si vous divorciez le lundi, et que le dimanche suivant, vous vous pointiez à l'heure du déjeuner chez votre ex belle-famille, avec une bouteille sous le bras, comme si de rien n’était. Nicolas Sarkozy a dit à propos de Borloo : je l’aime beaucoup, je ne dirai pas de mal de lui, mais la stratégie qui consiste à diviser est "perdante". Aujourd’hui, c’est Dominique de Villepin qui présente son programme présidentiel, alors qu’il ne sait toujours pas s’il va se présenter, et avec quels moyens. François Fillon, quant à lui, mécontent de la droitisation du parti, est déjà dans "l’après". Sa décision est prise, confie l’un de ses soutiens, il ira l’an prochain à la conquête de la circonscription parisienne qui lui est promise, celle que convoitait Rachida Dati... La maison majorité n’est plus vraiment tenue, elle part un peu dans tous les sens. Et pourtant Nicolas Sarkozy ne doute pas de ses chances...Il est son meilleur supporter. Un participant de la réunion à l'Elysée hier a fait remarquer qu’il a fallu retirer des chaises, il manquait la moitié des députés. Sans doute les vacances... Bernard Debré a ouvert les hostilités en demandant au président : « Nicolas, ça part en vrille, il faut que tu nous dises si tu es candidat » ! La réponse a duré trois quarts d’heure. Tout le monde y est passé. Ceux qui seraient, selon le président, dans "la machine à laver", autre appellation sans doute de la lessiveuse. Regardez DSK, a-t-il dit, sa courbe descend, il est en train de perdre. Nicolas Hulot ? C’est la vedette de ces prochains jours, et après, on n’en entendra plus parler. Le chef de l’Etat a aimablement épinglé ses anciens amis, tous ceux qui ont voulu diviser, les Pasqua, Séguin, Villiers, les cimetières en seraient remplis. En oubliant au passage que lui-même a toujours revendiqué la rupture. Commentaire à la sortie d’un député UMP : "il nous a bluffé, boosté". Mais "Nicolas" – Sarkozy – oublie une donnée importante : c’est le rejet massif et durable de sa personne. Et là, ce n’est pas près de s’arranger. Quel est le risque pour la majorité ?L’UMP, qui court après le FN, est désormais coupée en deux, au bord de l’éclatement. Les plus pessimistes prédisent la formation à terme d’un grand parti populiste, autour de Marine Le Pen, avec 35% des électeurs de droite. Le président, lui, ne veut voir qu’une seule tête l’an prochain, la sienne. Jean-Louis Borloo est face à une énigme. Quelle est la date limite pour se décider ? Après tout, les courbes de popularité entre Chirac et Balladur en 95 ne se sont inversées qu’au mois de février. Nicolas Sarkozy reste aujourd'hui le seul maître du jeu à droite. Il ne lui reste plus qu’à trouver la formule magique pour faire remonter le vieux rafiot de l’UMP à la surface. Et ça, il faut vraiment bien le sentir.**

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