François Hollande et le nucléaire. Une caricature dites-vous…

Le président aura certainement l’occasion de s’en expliquer ce soir mais sur ce sujet son action constitue une double caricature ! Caricature de ce qui lui est souvent reproché : la tergiversation, la tendance à trancher pour la solution de l’attente. Et caricature de la façon de gouverner depuis Nicolas Sarkozy, c’est-à-dire, d’utiliser la loi comme un objet d’affichage politique plus que pour réellement changer le droit. Nicolas Sarkozy procédait ainsi sur la sécurité : des annonces, des lois et très peu de décrets d’applications. La vie politique et juridique de la loi était terminée une fois le texte votée ! Sur la question de la transition énergétique, François Hollande procède de la même façon. Vous vous souvenez de l’engagement du candidat Hollande, réitéré plusieurs fois par le président Hollande, de réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75 à 50% d’ici 2025. Dans l’élan de la COP 21, réussite diplomatique, mais visiblement que diplomatique, le gouvernement fait voter une grande loi de transition énergétique. La France mettait le cap, en grande pompe, sur l’horizon vertueux de la croissance verte ! Il s’agissait de réduire fortement la production d’énergie carbonée en favorisant la production d’énergies renouvelables. Et la logique, implacable, voulait que, pour laisser une place grandissante au renouvelable, il fallait impérativement baisser la production d’électricité nucléaire, d’autant que nos centrales vieillissantes demandent d’énormes investissements de rénovation. Autant d’argent qui manquerait cruellement au développement du renouvelable, domaine de compétition industrielle dans lequel la France aurait tout pour briller. Dans un contexte de surproduction électrique européen, il fallait donc mieux investir dans le renouvelable que dans le nucléaire, qui en plus, ne garantit plus notre indépendance énergétique.

La loi en ce sens a été votée ! Où est le problème ?

Le problème c’est qu’elle ne sera pas vraiment appliquée. Pour qu’elle le soit, il aurait fallu lancer le PPE. Le PPE, c’est le plan pluriannuel de l’énergie. La loi prévoyait qu’en 2016, et pour deux ans d’abord, serait établi précisément un plan, fixé par décret, qui détaillerait les premières baisses de production nucléaires, le cadre et les moyens de la montée en puissance du renouvelable. Eh bien figurez-vous que le premier PPE est prévu, pour 2019 ! Dans 3 ans et surtout, 2 ans après la prochaine présidentielle de laquelle François Hollande a à peine plus de chance de sortir vainqueur que Nadine Morano de la primaire à droite. Cette procrastination politique commence, en fin de mandat, à devenir problématique. La question de la transition énergétique est de celles qui se planifient, qui s’organisent par étapes chiffrées et datées et surtout qui nécessitent des choix assumés, qui ont des conséquences sociales et industrielles qu’il faut aussi traiter. Après la grande réforme fiscale, le prélèvement de l’impôt à la source, prévu pour 2018 et le début de la vraie transition énergétique pour 2019, on en viendrait presqu’à se dire que le septennat, ce n’était finalement pas une si mauvaise idée !

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