Ouverture ce matin de la Conférence sur l'emploi et les revenus qui réunira gouvernement et partenaires sociaux. Dominique de Villepin, le premier ministre, a l'intention, a-t-il dit, de prendre des "mesures concrètes pour le quotidien et le pouvoir d'achat des Français". Mais parfois, l'actualité est cruelle. Cruelle car elle offre parfois de drôles de téléscopages. Hier on apprend par exemple que notre Johnny national a décidé d'aller vivre 6 mois et 1 jour par an, en Suisse. Pour profiter du bon air de Gstaadt ? Pas vraiment, c'est surtout, semble-t-il, pour apprécier à sa juste mesure la fiscalité helvète, connue pour sa douceur et sa tempérance. Vous vous souvenez peut être que Johnny Halliday, après avoir été l'un des fidèles soutiens de Jacques Chirac, est devenu accroc de Nicolas Sarkozy. C'est sans doute pour cela qu'un des proches du candidat, Christian Estrosi, s'est cru obligé hier de prendre la défense du fuyard fiscal en estimant que la "situation fiscale de la France n'était plus acceptable". Sauf que lundi, Nicolas Sarkozy est en meeting à Charleville Mézières dans le cadre de sa campagne présidentielle. Thème de sa réunion publique : "discours à la France qui souffre". ça ne s'invente pas. Cruel téléscopage. Hier encore, une étude Prox-invest nous révèle la rémunération des grands patrons en 2005. Titre choc : "un grand patron français gagne en moyenne 300 smics". En monnaie sonnante et trébuchante, ça donne un revenu moyen de 3 millions d'euros, pas loin de 5 pour les patrons du CAC 40. Une moyenne de 400 000 euros par mois. Mais hier toujours, dans le cadre de la préparation de la conférence sur l'emploi et les revenus, on a découvert la situation de quelques salariés français moyens. Par exemple Nathalie, 40 ans, aide à domicile, vous savez ces emplois de service qui sont parait-il l'eldorado de demain, elle travaille de 20 à 22 heures par semaine, gagne 600 euros par mois, a multiplié les petits boulots et n'a jamais connu de contrat qui a duré plus d'un an. ça s'appelle le "temps partiel subi ou contraint" et c'est selon le Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale, la principale source d'inégalité entre les travailleurs. Et alors me direz vous ? Ce ne sont là que téléscopages d'informations, on ne découvre pas aujourd'hui qu'il y a des riches et des pauvres en France. Certes... Mais cette actualité "paradoxale" crée une attente particulière de la part des Français: sur quels leviers le gouvernement peut-il jouer pour changer, un peu, les choses, pour imposer des règles acceptables par tous, qui réduisent le fossé qui sépare parfois les Français des uns des autres ? Les candidats à la présidentielle peuvent-ils eux, se contenter de slogans faciles et réducteurs type "lutter contre la vie chère" ou "travailler plus pour gagner plus"? Certes "l'état ne peut pas tout faire" comme l'avait malencontreusement avoué Lionel Jospin en son temps, mais c'est néanmoins la responsabilité et l'honneur de la politique que d'affronter cette réalité, cette actualité française contradictoire. Et de tenter de la modifier. C'est un peu l'objectif de la conférence de Dominique de Villepin aujourd'hui, c'est beaucoup, l'enjeu de la prochaine campagne présidentielle.

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