Ce matin vous faites un pari : Notre-Dame-des-Landes ne se fera pas…

Oui, je ne suis pas le seul à déduire cela du rapport remis sur le sujet. Aucune info ne filtre sur l’intention du président, alors j’ai tenté de me mettre dans sa tête pour envisager la situation ! Et je peux vous dire que ça fait des nœuds au cerveau. Le pouvoir –on le sait- c’est souvent trancher pour la moins pire de 2 solutions. En l’espèce, le président va devoir choisir quelle crise politique (car il y aura crise) il va enclencher. L’extension de l’aéroport de Nantes ou la construction de Notre-Dame-des-Landes semblent se valoir, avec un petit avantage écologique pour la 1ère solution. Dès lors, pourquoi dépenser plus pour un nouvel aéroport ? En se référant aux quelques phrases prononcées par le président dans Le Monde d’hier, sur le sujet, on peut deviner qu’il envisage l’abandon de Notre-Dame-des-Landes. 

Je le cite : « le débat autour de Notre-Dame-des-Landes s’est polarisé autour d’une information insuffisante. On prend toujours les meilleures décisions (poursuit-il) en acceptant le débat démocratique, mais instruit et informé de manière indépendante ». 

Il y a là de quoi expliquer pourquoi il irait à l’encontre du résultat du référendum local qui a approuvé le projet. Ce référendum n’était que consultatif mais quand même, passer outre sera forcément vécu comme un déni démocratique. Et c’en sera un ! C’est sans doute le prix politique à payer (justifié donc par le fait que la population et l’Etat n’avaient pas assez d’informations indépendantes avant le vote). Mais c’est un prix politique moins élevé que de perdre le ministre le plus populaire, Nicolas Hulot. Le renoncement, d’autre part –et c’est quand même l’essentiel-, parait la décision la plus cohérente avec l’action globale d’Emmanuel Macron.

Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?

Le président a choisi d’être un leader mondial de la cause écologique. La construction d’un nouvel aéroport de cette taille, dans le pays recordman d’Europe du nombre d’aéroports, serait un signe de soumission au monde bétonneur et productiviste d’avant. Les décisions fermes, qui attestent que le président n’est pas qu’un greenwasher habile, manquent encore. L’abandon de Notre-Dame-des-Landes serait vu à l’étranger, par ceux à qui Paris donne des leçons d’écologie, comme le signe d’une vraie volonté de la France de passer du productivisme au transitionnisme. Construire Notre-Dame-des-Landes créerait des emplois mais avec cette logique-là, il faudrait construire des autoroutes partout. Maintenant, le sentiment que le sens de l’histoire, ce n’est plus de multiplier les grandes infrastructures, ni le sur-bétonnage de kilomètres carrés de terres vivantes, domine. Mais le président doit aussi réfléchir en terme sécuritaire. Il hérite d’une situation minée. Si Notre-Dame-des-Landes devait être relancée, alors ce sont des dizaines de milliers de militants écolos-ultra qui viendraient de toute l’Europe et le début d’une situation encore plus inextricable. Le tout (et ce ne sera pas facile) sera de faire admettre que ce n’est pas la détermination des zadistes qui  aura fait pencher la balance vers l’abandon du projet. Le président ne peut que choisir la couleur de la massue qui s’abattra sur lui. Il ne la choisira pas verte : Notre-Dame-des-Landes ne sera pas construit. Si je perds mon pari, je promets de faire une chronique de contrition entièrement en vers (V.E.R.S) et en alexandrins ! 

   

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