Aujourd’hui, Emmanuel Macron rencontre une partie des 150 citoyens de la Convention Climat… Une rencontre attendue parce que la parole du Président en matière d’écologie est pour le moins erratique : entre une action proactive et efficace au niveau européen et la dénonciation des Amish… il est difficile à suivre.

Le président de la République Emmanuel Macron, au sommet sur l'ambition climatique 2020. La  photo a été prise le 12 décembre  2020, cinq ans précisément après l'Accord de Paris
Le président de la République Emmanuel Macron, au sommet sur l'ambition climatique 2020. La photo a été prise le 12 décembre 2020, cinq ans précisément après l'Accord de Paris © AFP / Yoan Valat

Les conclusions des conventionnels sont entre les mains du gouvernement et du parlement. Un mauvais débat s’était installé après une mauvaise expression ‘sans filtre’. Le président, pour galvaniser et responsabiliser les 150, avait dit ‘je transmettrai vos propositions sans filtre’. Mais heureusement (c’est la démocratie), il y a des filtres, juridiques, économiques et sociaux. 

Les conclusions de la Convention rejoignent globalement ce que proposent les écologistes. D’ailleurs, désormais, il y a un quasi consensus sur l’urgence climatique. Le débat a changé de nature. Et il faut s’en rendre compte ! Il y a quelques années, la question était de savoir s’il fallait ou non être écologiste, maintenant la question est : comment l’être ? 

Mais avec les propositions de la convention, le gouvernement se retrouve face aux agriculteurs, aux transporteurs, aux propriétaires de logement à isoler… On est enfin dans le dur ! Faut-il leur imposer la transition rapide que réclament l’urgence écologique, une partie grandissante de l’opinion ? Ou faut-il ménager les secteurs à transformer de peur de déclencher une ‘gilet-jaunisation’ démultipliée ? L’exécutif est dans cet étau

L’Europe (sous l’impulsion de la France en plus) a décidé d’accélérer sa décarbonation

Comment procéder sans braquer ou décevoir tout le monde ?  

C’est sur cette question que l’on attend le président. 

On sait maintenant que la transformation ne peut pas être imposée d’en haut. On sait aussi qu’elle ne peut venir d’une pression moralisatrice des écologistes. Entre les deux… pourquoi ne pas reprendre la bonne vieille méthode de la négociation ? 

C’est bien comme ça, après avoir longuement négocié, co-construit, qu’au sortir de la guerre, les Européens ont établit des modèles sociaux uniques au monde. Déjà, sur l’écologie, les Pays Bas et la Suède ont pris de l’avance en négociant (secteur par secteur) selon la méthode social-démocrate. Pourquoi ce qui a été possible pour notre modèle social ne le serait-il pas pour le modèle écologique ? C’est au moins de la même ampleur ! 

La difficulté vient sans doute de la faiblesse des partenaires sociaux, de notre goût du tout ou rien et de nos institutions qui favorisent la polarisation. Le macronisme (qui n’a toujours pas de but politique clair) pourrait s’en trouver un en se proposant d’organiser la transition écologique négociée

Emmanuel Macron n’est pas venu en politique par l’écologie. Mais, comme le dit dans le JDD l’écolo-macroniste Pascal Canfin, il est en transition (comme la plupart des Français, en fait). Les trois heures avec les conventionnels du climat cet après-midi nous renseigneront peut-être sur la méthode envisagée pour passer, enfin, de la prise de conscience à l’élaboration du modèle écologique français... ce sera, en tout état de cause, l’un des thèmes majeurs de la présidentielle qui vient ! 

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