Nicolas Sarkozy est partout. En campagne officiellement depuis le 14 janvier, le candidat de l'UMP laboure le terrain et multiplie les déplacements. Mais il y a UN endroit où on ne le voit pas, un endroit où il est pourtant régulièrement annoncé. "Il est passé par ici, il repassera par là"... Vous vous souvenez de la chanson du Furet. Le problème, c'est que pour l'instant il n'est carrément allé nulle part ! Et pourtant le passage de Nicolas Sarkozy en banlieue et notamment à Argenteuil est régulièrement annoncé. Samedi matin, c'est sûr il y retourne ! croit-on savoir dans les rédactions. Raté. C'est une secrétaire de mairie qui a malencontreusement confirmé l'info, mais c'est faux. Alerte rouge hier, 9H30 : un sms nous informe qu'il part en banlieue. Direction Nanterre. Caramba, à l'arrivée, il n'y a que Rachida Dati, la porte parole du candidat, et celle qui depuis de longs mois noue des contacts avec les jeunes pour permettre le retour de Nicolas Sarkozy dans les quartiers difficiles. Drôle d'histoire décidément que cette partie de cache cache : est-ce si difficile que ça pour le premier flic de France de se déplacer ? Et bien oui ! L'entourage du candidat soupçonne les socialistes d'avoir organisé un système pour pister Sarkozy et déclencher le tam tam à son approche. Mais la réalité, c'est aussi que Nicolas Sarkozy a beaucoup à se faire "pardonner"; les mots "kärcher et racaille" pèsent lourd dans sa besace de candidat. "Il est haï depuis, tant par les jeunes que par leurs parents" affirme un élu socialiste, de banlieue. Faux, rétorquent ses soutiens. La discrimination positive, le soutien au mérite défendu par Sarkozy, ça passe bien dans les quartiers. L'enjeu électoral n'est pas minime, mais c'est évidemment en terme d'image que le retour en banlieue de Nicolas Sarkozy est important. Il doit pouvoir prouver qu'aucun territoire de la République ne lui est interdit, pouvoir aller partout dire, "j'ai changé". Le problème de l'image, c'est qu'elle peut vite "virer". Imaginez un instant, Nicolas Sarkozy sur la dalle d'Argenteuil, entouré de gardes du corps; et puis un crachat, des huées, des sifflets, une bousculade ? C'est la cata, les images qui tournent en boucle sur les 20 heures. "Je ne veux pas aller faire mon numéro parce qu'il y a des caméras de télé" affirmait hier soir Nicolas Sarkozy pour justifier ses défections. Quelle ironie décidément pour celui qui a théorisé mieux que quiconque, que le savoir faire était aussi important que le faire savoir. Pas d'image du retour de Sarkozy en banlieue ? Ce serait le comble ! Et assez improductif il faut bien l'avouer. Du coup, l'entourage du candidat tente de mettre au point un nouveau concept subtil ; un dialogue en profondeur avec des habitants de quartiers, mais avec des interlocuteurs triés sur le volet - un rendez vous secret, à huis clos même pour éviter les débordements mais néanmoins médiatisé, juste ce qu'il faut. Décidément en terme de "maîtrise de l'image", tout devient possible avec Nicolas Sarkozy !

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