En ce jour de Saint Valentin vous vouliez nous parler d’amour et de politique.

Rien à voir avec ce long reportage que publie ce matin Paris Match, sobrement intitulé « Copé, côté cœur », où l'on découvre le président de l'UMP assis à table, tenant la main de son épouse à l'heure du thé et des pains au chocolat, pour l'occasion remplacé par des madeleines.

Non, rien à voir non plus, même s'il y aurait à dire, avec l'appétit du pouvoir, souvent masculin, pour tout ce qui touche à la gente féminine, de Blum à DSK, en passant par Mitterrand ou Chirac.

Non en fait, c'est une petite phrase signée Nathalie Kosciusko-Morizet qui a retenu mon attention. Nathalie Kosciusko-Morizet interrogée avant hier sur son envie d'être candidate à paris a évoqué le lien « charnel » qui doit relier un maire à ses administrés, comme si la conquête du pouvoir était aussi une affaire de cœur, de chair et d'os, presque comme une relation amoureuse.

Et des exemples, il y en a d'autres.

C'est étonnant comme la politique aime piocher dans le vocabulaire amoureux. Tenez, par exemple, plutôt que de partis ou de courants, on parle généralement de familles politiques, qui, le cas échéant peuvent passer des alliances les unes avec les autres. Un peu comme on se passerait la bague au doigt.

A la tête de l'Etat, ce n'est pas Matignon ni l'Elysée, c’est, bien sûr, le couple exécutif, qui peut connaitre des divorces, des séparations.

Et quand on veut montrer qu'on tourne la page, que tout ça c'est de l'histoire ancienne, on dégaine la rupture. Voilà, c'est fini comme l'avait fait Nicolas Sarkozy avec Jacques Chirac, un peu comme un mettrait à la poubelle les photos de l'ex-aimé pour prouver qu'on est à nouveau disponible pour les français.

Vous allez me dire que tout ça relève d'une forme de projection très virile, un peu macho, comme si le personnel politique, majoritairement masculin, avait besoin de ce langage pour séduire les électeurs, et que tout cela fleure bon la testostérone.

Et pourtant c'est bien une femme, Ségolène Royal, qui elle aussi avait porté sa pierre à l'édifice en baptisant son mouvement « désir d'avenir ».

Entre amour et politique, les mots sont souvent les mêmes, et la comparaison ne s'arrête pas là.

Vous avez surement croisé un jour un ou une de vos amis, célibataire et pas forcément content de l'être, qui vous expliquait ses déboires amoureux, sur le thème, « j'en ai assez, je ne tombe que sur des hommes (ou des femmes) trop compliqués, je voudrai quelqu’un comme moi, de normal quoi.

C'est un peu ce qui est arrivé a François Hollande, je ne parle pas de sa vie privée. Vous vous souvenez de l'étiquette de futur président normal qu'il s'était collé durant la campagne.

Et puis six mois après patatras. La normalité est devenu un handicap, on le trouve trop plan plan, pas assez extraordinaire, et ce qui était censé être une qualité devient à force de le côtoyer son grand défaut, comme cela arrive dans certains couples.

Mais l'inverse est aussi vrai. Parfois on regrette son ex. Ainsi prenez Jacques Chirac. A la fin de son dernier mandat, il était monsieur 1% dans les sondages, celui dont plus personne, même à droite, ne voulait entendre parler. Six mois après son départ, il était presque en tête dans les mêmes sondages de popularité. Idem pour Nicolas Sarkozy, il n'est plus là, alors la nostalgie tourne à plein régime, on repense aux bons moments et il suffit d'une étincelle, une petite phrase d'Alain Juppé, pour que ses fidèles l'imaginent déjà nous faire la cour en 2017. Entre lui, et nous, c'était du sérieux.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.