les députés socialistes rappelés à l'ordre sur le budget
les députés socialistes rappelés à l'ordre sur le budget © reuters
**Ce matin, vous évoquez l’impasse politique devant laquelle se trouve François Hollande** Oui, je vais faire du Philippe Lefebure : je vais vous raconter le début de mon petit déjeuner d’hier avec un parlementaire socialiste ! À peine assis, je n’ai pas eu le temps de poser ma première question qu’il renverse les rôles et me demande « pensez vous que Hollande va dissoudre l’assemblée ? » Ils en sont donc là les parlementaires socialistes ! Et celui-là ne s’angoissait pas pour son propre cas puisqu’il s’agissait, en l’occurrence d’un sénateur. L’idée que ce n’est pas possible, que le pacte de responsabilité ne va pas marcher, que la croissance ne reviendra pas, fait son chemin. C’est en entrant dans le détail de ce qu’il faudrait faire pour économiser les 53 milliards prévus par le pacte de responsabilité que le vertige les prend à la gorge ! Le premier président de la Cours des comptes, Didier Migaud a achevé de les traumatiser. Didier Migaud, c’est l’un des leurs, un socialiste qui aurait certainement été ministre du Budget ou de l’Économie s’il n’avait pas été nommé par Nicolas Sarkozy, grand contrôleur des Finances de la France. Lui-même estime que le gouvernement ne fait pas ce qu’il faut pour atteindre les objectifs fixés en début d’année par le Président. Il pense aussi que les prévisions de croissances affichées sont trop optimistes. Les parlementaires socialistes sont donc dans un corner idéologique : ils ne croient pas que le pacte de responsabilité aura des effets et ils comprennent bien que pour qu’il ait une chance de marcher, il faudrait arrêter d’être socialistes ! C’est un peu comme ci, Patrick, on vous demandait, (pour redresser l’audience de France Inter –qui, au demeurant va très bien-) de faire une matinale avec la politique éditoriale d’NRJ ! Vous seriez un peu dépité… **Les responsables socialistes ont déjà eu leur lot de couleuvres à avaler !** Oui, la politique de l’offre, le renoncement à propos de la loi famille, après s’être couché sur la taxe carbone et avoir dû encaisser une rafale de petites défaites idéologiques. Ils savent que le pire est à venir. Le pire ce sont les dépenses sociales. La solidarité nationale, c'est-à-dire le cœur de leur raison d’être. La réduction des dépenses de l’État, ni même celles des dotations aux collectivités locales ne suffiront. Il va falloir toucher à l’indemnité chômage, aux prestations sociales d’une façon ou d’une autre ou renoncer aux objectifs du pacte. La politique, a-t-on l’habitude de dire, c’est souvent le choix entre deux mauvaises solutions. La, les socialistes ont le sentiment d’avoir le choix entre deux défaites. Même s’ils peuvent limiter la casse aux municipales grâce à la sociologie des grandes villes et à la popularité des maires sortant (ces élus de proximités rescapés de la défiance généralisée envers la politique), les socialistes savent que si rien ne se passe le hollandisme est voué à l’échec. L’idée qu’un remaniement pourrait changer la donne s’estompe. On est au-delà. En juin prochain, le premier ministre est sensé demander la confiance au parlement en faisant voter députés et sénateurs sur le pacte de responsabilité. Si le niveau de popularité et le sentiment d’impuissance reste le même d’ici juin, une approbation, par pure discipline partisane de la politique menée, paraitra dérisoire et artificielle. C’est bien au peuple qu’il faudrait demander de trancher par de nouvelles élections. C’est une question de logique démocratique. D’où l’angoissante interrogation de mon interlocuteur hier matin au Sénat ! On en est là.
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