Vous revenez sur la journée d’hier… avec deux évènements phares

Oui, deux évènements qui montrent que, pour l’instant du moins, nous évitons, et de très belle manière, tous les écueils, tous les pièges dans lesquels un pays peut tomber en pareilles circonstances. Le premier évènement, c’est la sortie de Charlie… comme d’habitude, une semaine après le dernier. Le « on a tué Charlie » crié par les assassins est démenti : Charlie est là, il vit. Et il n’a rien cédé, il représente le prophète, exerce son droit au blasphème. Il l’exerce avec une certaine tendresse. Avec un mot de pardon d’une force incroyable. On ne sait pas très bien qui pardonne qui mais ce n’est pas grave. Ce dessin, s’il est techniquement blasphématoire, peut aussi être lu comme un hommage à la belle part de la religion … L’objet sacrilège est diffusé à 3 millions d’exemplaires, il sera traduit dans plusieurs langues et c’est un dessinateur athée et accablé de peine qui rappelle aux fous de Dieu la grande tradition du pardon des trois religions monothéistes. Le contenu du journal est irrévérencieux, libertaire… plus vivant que jamais. Avec du cul potache, des provocations graveleuses et joyeuses…! S’il est des fanatiques qui pensent encore que la main de Dieu a guidé les assassins, quel ratage pour le divin !

Le deuxième évènement, c’était le discours de Manuel Valls à l’Assemblée…

Et hier, lors de cette séance au Palais Bourbon, la représentation nationale portait bien son nom… Elle représentait fidèlement ce que le pays a exprimé et vécu dimanche. Manuel Valls a prononcé des mots forts pour nommer des choses vraies. Il y a de l’antisémitisme dans les quartiers, il faut le combattre, il y a aussi des enfants, dans ces mêmes quartiers, qui ne se sentent pas appartenir à la Nation. Et ils ne sont pas responsables de ce sentiment, poison pour l’avenir. « Aucun juif ne devrait avoir peur en France… Aucun musulman ne devrait avoir honte » dit Manuel Valls. La France n’a pas un problème avec l’Islam mais l’Islam a un problème avec l’Islam. C’est à l’Islam de le traiter, en son sein. Mais le Premier ministre a aussi pointé notre responsabilité collective. Nous avons laissé s’installer des ghettos et trop d’injustice. Le contexte doit expliquer, pas excuser ! Une fermeté non belliqueuse, un retour aux sources républicaines qui n’est pas un repli identitaire… Le discours de Manuel Valls est important, tout autant que la réaction unanime des parlementaires. Enfin, sur les réformes envisagées pour lutter contre les réseaux djihadistes (et à part quelques décisions de justice qui semblent un peu expéditives concernant des faits d’apologie du terrorisme), aucune liberté ne devrait être sacrifiée sur l’autel de la sécurité. Un journal mal élevé et libre, une assemblée unanime qui chante la marseillaise… Le désordre vital et l’ordre démocratique : les deux bouts de la République tiennent bon.

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