La lettre aux Français Emmanuel Macron…

C’est une lettre longue mais simple, qui semble  avoir pour but  de mettre les Français devant leurs responsabilités ou (au choix) leurs contradictions. Parce que consulter ne peut quand même pas effacer les élections, le président dit en substance ‘On ne peut pas tout avoir mais sans me faire changer de politique dites-moi comment vous voulez que nous procédions’… Puis viennent les questions, sur la fiscalité, d’abord : Quels impôts faut-il à vos yeux baisser en priorité ? ‘Baisser !’ Simplement… façon d’évacuer la question de l’ISF. Viennent ensuite l’organisation administrative de la France et la transition écologique, du concret ! Je cite : ‘Comment remplacer sa vieille chaudière ou sa vieille voiture ? Quelles propositions feriez-vous pour accélérer notre transition environnementale ?’ Pareil sur les institutions ‘_Faut-il reconnaître le vote blanc ? rendre le vote obligatoire ? Quelle est la bonne dose de proportionnelle aux législatives’…_et bien sûr, la question du RIC : ’ Faut-il accroître le recours aux référendums et qui doit en avoir l’initiative ?’ Enfin, sur l’immigration, sujet ouvert au débat contre l’avis de sa majorité, le président évoque l’idée des quotas : ‘Que proposez-vous afin de répondre à ce défi qui va durer ?’… le président propose donc d’ouvrir la boite à idées avec les mairies comme principal organisateur et réceptacle …

Tout ça ne risque-t-il pas de partir dans tous les sens ?

C’est vrai qu’à lire cette déferlante de questions ouvertes… avec notamment l’immigration ou la laïcité (que le président a également mis dans sa liste des courses), on se demande comment les réponses seront traitées, évaluées, hiérarchisées. Ce devrait -nous dit-on- être fait au niveau régional et traduit en proposition avec le concours de Français tirés au sort, une solution, qui, si elle est bien menée, donne de vraies satisfactions démocratiques (certains pays scandinaves, à plus petite échelle, ont tenté l’expérience). Tout reste donc à inventer en deux mois ! Emmanuel Macron doit passer du top-down, comme on dit en macronie, non pas à l’inverse (au bottom-up) mais à l’introduction d’une dose inédite de démocratie participative. Le tout ne doit pas apparaître comme un défouloir, ni une poubelle à débats destinée à calmer un mouvement populaire. Aller chercher les solutions sur le terrain est une façon assumée de revenir à ce qu’était le macronisme de la campagne 2017. Emmanuel Macron, qui ne croyait plus (une fois élu) aux corps intermédiaires, se rend compte, mais un peu tard, de leur utilité. C’est, normalement, en effet, le rôle des corps intermédiaires, c’est à dire des syndicats et des partis, des associations, que de faire remonter les préoccupations et de trier, hiérarchiser et organiser les solutions pour les rendre opérationnelles. Les corps intermédiaires servent de raffinerie pour l’énergie, la colère, les espoirs de la population ! Emmanuel Macron, de les avoir dédaignés, ignorés,  se retrouve devant de l’énergie, de la colère brute, inutilisable et même dangereuse! Il lui faut inventer une raffinerie démocratique (pas une usine à gaz !) en quelques semaines. Bon courage !

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