Presqu'un mois qu'il a quitté l'Elysée, c'était le 16 mai dernier, et après presqu'un mois de vacances, Jacques Chirac est de retour à Paris. Prêt à affronter une nouvelle période de sa vie, la retraite, et peut-être le face à face avec la justice. Une photo, une seule pour l'instant qui nous parle de lui. Lui, l'ex président retraité. On y voit Jacques Chirac promener son chien à Taroudant, au Maroc, direction, le hammam. Un seul cliché pour nous dire qu'il va bien, il sourit, il est en jean, il a l'air en grande forme, et depuis plus rien. Personne ne l'a vu à Sarran la semaine dernière voter pour le premier tour des législatives, "procuration" ont fait savoir les Chirac. Personne ne l'a vu en meeting, anonyme savourer le triomphe attendu de l'UMP, ni sur une estrade pour appeler à son tour au "bon choix". Non, Jacques Chirac a quitté la vie politique française et pour l'instant, il se fait très discret. Peu d'écho sur sa nouvelle vie, ses passes temps, son nouvel agenda. Ah, si, une prise de bec avec sa femme Bernadette, à qui il a interdit de se rendre aux obsèques de son ami Jean-Claude Brialy. Parce que le nouveau président s'y rendait ? Non, officiellement, parce qu'il estime qu'il faut un peu de temps avant de se réafficher devant les Français, comme s'il s'imposait et leur imposait une période de deuil. Mais si lui ne s'exprime pas, "on" parle beaucoup de lui. Oh, les politiques très peu ; même si les oreilles de Jacques Chirac doivent siffler lorsqu'il entend François Fillon persifler et rappeler son manque de soutien à l'égard de ses ex premiers ministres. Non, ce sont surtout les juges et les justiciables qui se rappellent au bon souvenir du président. Hier, Elizabeth Borrel, la veuve de Bernard Borrel, magistrat français mort à Djibouti en 95, a publiquement mis en cause l'attitude du président Chirac dans l'enquête liée à la mort de son mari. Elle le soupçonne, elle l'accuse d'avoir tenté d'étouffer l'affaire en liaison avec les autorités djiboutiennes. Elle demande à son successeur Nicolas Sarkozy de s'engager à ce que la justice enfin, puisse passer. La veille, c'est "Le Canard enchainé" qui avait annoncé la convocation de Jacques Chirac devant des juges dès lundi, dans l'affaire Clearstream cette fois. Information démentie pour l'instant par l'avocat et l'entourage de l'ex président. Pourquoi lundi ? Et bien parce que dès ce week-end, le 16 exactement, Jacques Chirac redevient un justiciable comme les autres, il n'est plus protégé par son immunité présidentielle. Du coup, normalement, dans les semaines à venir, il pourrait être convoqué comme témoin assisté dans le dossier des emplois fictifs du RPR, dans celui des chargés de mission de la ville de Paris, celui de la Sempap, l'ancienne imprimerie parisienne, et sans doute dans l'affaire de la faillite d'Euralair. Agenda judiciaire très chargé, d'autant plus évidemment qu'il s'est rempli au fil des années, sans pouvoir être purgé pour cause justement d'impunité présidentielle. Très vite, nous devrions donc avoir des nouvelles de Jacques Chirac, mais plutôt dans les pages judiciaires, ce à quoi il avait échappé pendant 12 ans. Dans l'hypothèse évidemment où la Justice fonctionnerait pour ce citoyen ordinaire comme pour n'importe quel autre. Et c'est aussi à cette aune là, que le nouveau président, Nicolas Sarkozy sera jugé.

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