Vendredi, ce sont les 70 ans de l’appel du 18 juin. Chacun y va de sa définition du gaullisme d’aujourd’hui.Oui, le gaullisme au XXIème siècle est un peu comme le bonapartisme au début du XXème : Une nostalgie ou un prétexte. Le gaullisme c’est une « certaine idée de la France » écrivait le Général en 1954, nous voilà bien avancés ! Au mieux on concèdera que ce peut être une référence pour les temps de crise extrême. Le gaullisme suggère l’union, le rassemblement derrière le Général de Gaulle… Celui-ci n’étant plus, les gaullistes de 2010 font de grands moulinets, prononcent des phrases comme « la France sera toujours la France » pour lui ressembler. Ils critiquent les libéraux à droite, les européistes au centre et les socialistes à gauche mais ils aspirent au rassemblement de tout ceux là… vous allez voir ce que nous prépare Dominique de Villepin qui va exhiber un vrai morceau de la vraie croix de Lorraine. Samedi prochain il a prévu (ce sera le 19, il n’a pas osé le 18 juin quand même)…Dominique de Villepin a prévu de prononcer le grand discours fondateur de son mouvement. Il est capable de souffle, il a la carrure et la culture pour ça mais attention à la grandiloquence par temps de paix ! Ça peut aussi tourner au ridicule. Les gaullistes d’aujourd’hui ne disent rien de particulièrement original mais parlent fort et de façon un peu pompeuse. Michèle Alliot-Marie, ministre de la Justice, prétend aussi, avec son club de pensée baptisé le Chêne, représenter le gaullisme originel, elle invoque, dans le JDD d’hier, la France éternelle, Jeanne d’Arc et Louis XI pour en arriver là, je cite: « Le gaullisme c’est aujourd’hui le refus du fatalisme, du déclin ou du règne des marchés.». Michèle Alliot-Marie fait sans doute allusion à la fameuse phrase du général qui fustigeait la bourse « la politique de la France ne se fait pas à la corbeille ». C’était avant le triomphe des fonds de pension et l’obsession de rassurer les marchés. Michèle Alliot-Marie, Jacques Chirac, Dominique de Villepin savent parler le gaulliste mieux que Nicolas Sarkozy, même quand il lit les discours écrit par le Gaullo-maniaque Henri Guéno, qui lui sert de plume de l’ombre. Les Gaullistes d’aujourd’hui, dont ne fait pas vraiment partie Nicolas Sarkozy, sont emphatiques et cultivés dans un monde politique de plus en plus formaté et prudent. Ils sont assez décoratifs et rassurants, comme ces vieux clochers un peu délabrés dans centres villes aseptisés par Jean-Claude Decaux et les enseignes franchisées. Le gaullisme est simplement décoratif ?En temps de paix, oui. Le gaullisme ça sauve la France en juin 4O, ça finit une guerre impossible en 62 et nous évite une guerre idiote en 2003 mais c’est à côté de la plaque en 68 et ça finit par incarner un immobilisme politicien avec les années Chirac. On a l’impression que le gaullisme, avec ou sans de Gaulle se manifeste a certains moments critiques de notre histoire. Ils sont rares et dramatiques ces moments, voilà pourquoi, invoquer le gaullisme par temps plat a toujours quelques chose d’un peu sur-dimensionné et à contre temps. La suite de la définition du gaullisme par de Gaulle en 1954, juste après la fameuse « idée de la France » nous le confirme. Le gaullisme se définit alors à la façon dont le général définit la France. Je cite : « La France n'est réellement elle-même qu'au premier rang » …et plus loin, « à mon sens, la France ne peut être la France sans grandeur. » Cette exigence de grandeur et de domination semble très datée, le jour où Nicolas Sarkozy plaide en Allemagne pour un gouvernement économique européen, au moment où la France ne représente qu’une entité moyenne qui ne revendique pas la grandeur ni la domination mais simplement de pouvoir sauver son modèle social original.

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