La journée d’hier d’Emmanuel Macron, à dominante sociale...

Et on va faire simple... il y avait la forme et le fond. La forme d’abord. C’était un exemple parfait d’une communication un peu lourdingue. Le président s’encanaille dans du trumpisme de salon ! Avec stabylobosseur symbolique pour bien nous dire quoi regarder, que comprendre.

La journée était trop remplie : polémique Aquarius avec l’Italie, visite de type "en même tempse avec mamour au conservateur-catho-tradi de Villiers en Vendée et inauguration d’un musée Clemenceau, ce républicain, anticlérical notoire... A ce stade, déjà, trop d’infos pour une seule journée.

On imagine, dès lors, le brainstorming des conseillers de l’Elysée: "Le discours social devant la Mutualité française va passer à l’as ; que faire ?" Alors je ne sais pas qui a eu l’idée de cette vidéo faussement volée pour montrer la détermination du président à casser les codes en parlant de "pognon de dingue", dans un vocabulaire de bistrot sous les dorures chargées du salon vert ! Mais il fallait sans doute que ça tranche pour pointer les projecteurs sur le discours social du milieu de matinée.

Cette vidéo est en contradiction avec l’idée de ne pas montrer les coulisses du pouvoir, qui désacraliseraient la fonction, lui feraient perdre son lustre. Souvenez-vous de la phrase du Président, il y a quelques jours :

Je ne raconte pas les coulisses parce que, comme l’a dit Bismarck, si on expliquait aux gens la recette des saucisses, pas sûr qu’ils continueraient à en manger !

Moralité, avec cette vidéo, on ne montre pas les coulisses, pire, on les fabrique, grossièrement d’ailleurs.

Deux  lignes de com’ s’affrontent à l’Elysée : la ligne Pilhan, du nom du célèbre conseiller de François Mitterrand qui a théorisé la parole rare, l’attitude olympienne, pas de coulisses, pas de propos à l’emporte-pièce. Cette ligne est défendue actuellement par le conseiller Bruno Roger-Petit. Et puis il y a la ligne obamienne, défendue par Ismaël Emelien, ancien de l’agence Euro RSCG. Il est partisan du mouvement perpétuel, des manches retroussées et d’une coolitude à la Obama.

Visiblement, le président n’a pas tranché entre ces 2 lignes. C’est l’une ou l’autre suivant les circonstances. Hier c’était la plutôt seconde. Pas sûr que la première résiste longtemps… Comment être jupitérien par intermittence sur la durée ?
 

Et le fond alors ?

Ah ben je n’ai plus le temps ! Il faut dire que le discours d’hier n’est pas neuf. Favoriser les droits réels par rapport aux droits formels, c’est-à-dire un vrai accompagnement social et de la formation personnalisée plutôt qu’une série d’allocations dites curatives. La philosophie se tient. Elle a été développée pendant toute la campagne. Contrairement à ce qu’affirme la gauche, ce n’est pas de l’ultralibéralisme.

Mais si c’est joliment théorisé, on ne distingue pas encore ce que cela recouvre concrètement, ni d’ailleurs les moyens alloués à cette ambition de rénovation du modèle social ! Il faut attendre le prochain budget, les contenus réels des réformes de la formation et de l’apprentissage par exemple... Ce n’est pas un hasard (mais ça commence à faire long) si, à ce stade, la forme supplante encore le fond.

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