Lundi, le thème de ma chronique c’était « Nicolas Sarkozy monte dans les sondages »… fatalement, pendant ce temps là c’est Martine Aubry qui baisse dans les sondages. Alors, à quoi bon s’intéresser de près et au jour le jour à ces évolutions ? Le ou la responsable politique vertueux vous répondra bien sûr que « non », qu’il faut « être au-dessus de tout ça », avant, vous pouvez en être sûr, de se plonger discrètement dans les dernières courbes parues, comme un collégien chapardant « Play boy » en douce. En réalité, si les sondages d’opinions ne sont pas souvent très pertinents quand il s’agit de savoir ce que pensent les Français de telle ou telle mesure, des propositions du gouvernement pour régler le problème des retraites ou du projet de loi sur l’interdiction de la burqa, en revanche, les courbes de popularité des personnalités politiques sont plus explicites. Pour ce qui est des sondages thématiques, bien souvent, il suffit de lire la question pour comprendre que la réponse est biaisée. Le comble de l’absurde ou de la manipulation avait été atteint, souvenez-vous, avec une série de sondages sur la question des minarets, l’année dernière, à l’occasion du référendum suisse qui avait abouti à l’interdiction de la construction des minarets chez nos voisins helvétiques. Plusieurs sondages avaient été commandés, en France, par différents journaux et les questions posées laissaient entendre qu’il y avait un problème de profusion de minarets chez nous, ou que le gouvernement préparait un projet d’interdiction des minarets sur notre territoire. Les réponses étaient ininterprétables et contradictoires selon les journaux et les formulations. Bref, les sondages ponctuels sur un sujet précis sont à prendre avec circonspection. On s’éloigne du taux de popularité de Martine Aubry. Ha oui, c’était le thème de ma chronique… Tout ça pour vous dire que les taux de popularité des personnalités politiques sont beaucoup plus intéressants et instructifs. Ils ne disent pas grand-chose de leur capacité à être élu mais ils résultent d’enquêtes régulières et donnent des résultats que l’on peut observer sur la durée. Les taux de popularité n’ont pas d’intérêt en soi mais ce sont les évolutions qui sont intéressantes. Bien sûr, on peut extrapoler uniquement pour les personnalités dont la notoriété est très importante. Par exemple, Opinion Way nous apprend que le ministre Marc-Philippe Daubresse voit sa cote de popularité monter ce mois ci ! Évidemment, ça ne veut rien dire… personne ne connaît Marc-Philippe Daubresse, sauf ici, puisque qu’il est du Nord. (Vous savez de quoi il est ministre Nicolas ?)… Hé bien Opinion Way nous apprend que 26% des sondés sont satisfaits de l’action de Marc-Philippe Daubresse. On se dit qu’il s’agit d’un échantillon représentatif de Lambersart ! Donc ça ne marche que pour les personnalités connues. Alors pourquoi Martine Aubry qui était montée très haut dans les sondages ces derniers temps baisse aujourd’hui. On nous jure qu’elle ne s’en soucie pas. Tu parles, son entourage en tout cas s’en soucie. Martine Aubry baisse parce que jusqu’à ces derniers jours, elle ne disait plus rien depuis plusieurs semaines (alors il y en a comme Bertrand Delanoë qui ne disent jamais rien et qui sont très populaires). Mais Martine Aubry n’est plus dans cette configuration. Elle ne peut plus se taire sans perdre en popularité. Et paradoxalement, c’est une bonne nouvelle pour elle (je fais des efforts pour positiver puisqu’on est à Lille…) Donc, c’est une bonne nouvelle parce que ça veut dire que sa courbe est indexée sur celle du président. Quand il monte, elle baisse et inversement. Elle a donc atteint le statut « d’alternative ». C’est maintenant comme ça que les Français la situent. Et l’alternative ne peut décemment pas dire pendant trop longtemps, comme ce fut le cas ces dernières semaines : mes solutions pour les retraites ? Vous les connaitrez plus tard.

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