Levallois, une caricature de l’injustice territoriale.

Le cas Balkany n’est pas tant l’histoire d’un couple d’élus  indélicat que le versant tragi-comique de l’injustice territoriale qui mine l’Ile-de-France. Même si une péréquation entre villes riches et pauvres existe, même si aujourd’hui des efforts sont faits par nombre de grandes entreprises et d’institutions pour s’installer dans les parties Est et Nord de la Région (et de ce point de vue, symboliquement, Valérie Pécresse a bien fait de d’implanter le nouveau Conseil Régional à Saint-Ouen, de même pour le PS à Ivry), l’immense majorité des  sièges sociaux que regroupe l’IDF se trouve dans quelques villes (dont Levallois),  dans le giron doré de l’établissement public territorial de la Défense. Ces villes bénéficient d’une manne de fait! Pour autant, elles n’assument pas toujours la part sociale qui leur incombe. La plupart des employés modestes, ceux qui construisent et nettoient quotidiennement les millions de mètres carrés de bureaux  de ces territoires dorés, habitent, vivent, se soignent, scolarisent leurs enfants dans les villes de l’est parisien, en Seine-Saint-Denis, par exemple, qui assume la charge sociale d’une population jeune et pauvre. Plusieurs millions de Franciliens font chaque matin le voyage Est/Ouest, sous Paris, au plus grand profit des villes riches. Levallois ne respecte pas le quota de logements sociaux requis par la loi, préfère payer des pénalités. Malgré des ressources que lui procure la présence de LVMH, Sandoz, Lagardère, BASF et tant d’autre sièges sociaux, les finances de la ville sont régulièrement dénoncées par la Cour des comptes, pour leur dette excessive et l’opacité de leur gestion. Dans son rapport 2015, la Cours pointait une charge de fonctionnement de la municipalité par habitant à 2500 euros contre 1600 en moyenne pour la région ! La ville est à la fois opulente du fait de sa situation géographique avantageuse et mal gérée... 

Mais les Levalloisiens réélisent les Balkany...

Bien sûr puisque ceux-ci, avec de l’argent qui coule à flot (et même plus, vu l’endettement), ont pris l’habitude de gâter leurs électeurs en suréquipements et même en cadeaux de Noel ! Bénéficiaire d’une répartition des richesses territoriales particulièrement injuste, les Levalloisiens ne voient pas plus loin que le petit bout de leur intérêt. On pointe facilement la turpitude des élus mais on ne pense jamais à critiquer les électeurs. Or, ceux de Levallois savent très bien de quoi il en retourne. Ça fait des années que la presse relate par le menu (et avec force détails pitoyables) les écarts de leurs édiles. Bien sûr, il y avait Nicolas Sarkozy pour décorer personnellement (et à l’Elysée) de la Légion d’honneur Isabelle Balkany, lui octroyant une respectabilité républicaine usurpée... Malgré tout, c’est aussi de la faute des Levalloisiens si leur maire et sa 1èreadjointe sont aujourd’hui devant le juge. On dit souvent ‘quartiers à problèmes’ ou ‘zones de non-droit’ pour certaines villes populaires qui plient sous un surplus de logements sociaux et une mécanique infernale de ghettoïsation… mais en terme de justice et d’équité, c’est bien une ville comme Levallois qui constitue un ‘quartier à problème’ et ‘une zone de non droit’ pour la cohésion de la région.

L'équipe
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.