Une campagne présidentielle est propice à toutes les promesses de la part des candidats, mais aussi à toutes les revendications de la part des citoyens. Et des revendications, il n'en manque pas ! "Monsieur le candidat je vous fais une lettre que vous lirez peut être si vous avez le temps..." Et oui, en ces temps électoraux, ça pétitionne, ça manifeste, ça écrit, ça interpelle à tour de bras ! L'énoncé de la liste de tous les lobbys, corporations, associations, coopératives, simples citoyens et même huluberlus qui se prêtent à ce jeu là, peut ressembler à un vaste capharnaum de revendications particulières. Mais on peut aussi considérer que cet hétéroclite assemblage s'apparente finalement au vrai visage de la France et des Français. Alors, les méthodes d'interpellation sont variées. Il y a ceux qui reçoivent à domicile, les associations de gays et lesbiennes ont pris rendez vous avec les candidats afin de demander à chacun sa position sur l'homoparentalité. Il y a les interpellations publiques via conférence de presse ; on a parlé ce matin des médecins addictologues, on a vu aussi des associations s'occupant de personnes âgées lancer il y a quelques jours un cri d'alarme sur les oubliés de la campagne. Il y a la lettre ouverte ; celle des présidents d'université réclamant aux présidentiables leur analyse. Il y a la pétition sur Internet, "pourquoi consentons nous à l'impôt ?" Il y a les manifestations ou les appellations coups de poings : la manif des handicapés collant sur le mur du ministère de la santé, une fausse carte d'électeur rebaptisée "carte de laissé pour compte", ou l'appel des 343 mamans des cités, sur le modèle des 343 salopes. Il y a les pactes à contre signer; le pacte écologique de Nicolas Hulot ou celui d'AC le feu, son contrat social et citoyen. Il y a enfin la version pavé, le livre manifeste, celui par exemple de Jean-Louis Borloo "l'architecte et l'horloger" adressé parait-il à tous les candidats ! Ces cris d'alarme, appels au secours, ces exigences de prise de position connaissent, il faut bien l'avouer, des fortunes diverses. Les Don Quichotte, en installant leurs tentes canal Saint-Martin, ont obtenu en quelques jours, une loi, celle du droit au logement opposable. Grâce aux média dit-on ? Oui, mais du pacte écolo de Nicolas Hulot, largement relayé médiatiquement également, que reste-t-il aujourd'hui dans la campagne ? D'autres lobbys semblent plus efficaces ; celui du vin et de la défense vini viticole peut se prévaloir, d'avoir fait boire un verre de vin à un allergique à l'alcool, Nicolas Sarkozy, et de lui de lui avoir arraché la promesse d'autoriser la pub sur le vin. Chacun sait bien évidemment que c'est le moment ou jamais pour se faire entendre. Cet éventail de revendications particulières, parfois catégorielles illustre sans doute l'atomisation de la société française, son individualisation, il montre aussi sans doute les lacunes des programmes présidentiels. Mais après tout, ce sont autant de cahiers de doléances écrits par chacun - une campagne participative à l'échelle du pays en quelque sorte.

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