**L'accident nucléaire japonais peut-il relancer le débat sur cette source d’énergie en France ?Ce serait logique et nécessaire ! Les écologistes vont utiliser cet événement qui valide certaines de leurs analyses. C’est d’ailleurs essentiellement comme ça, ces dernière années, que le courant écologiste a élargi son influence : par la force des événements, les marées noires et la pollution industrielle, puis par les effets du réchauffement climatique. Il n’y a pas si longtemps les écolos étaient volontiers présentés comme utopistes ou catastrophistes, selon les cas, des farfelus la plupart du temps…La gauche de tradition productiviste et industrialiste n’était pas la dernière à tourner en dérision les environnementalistes. Les temps ont changé et c’est la droite (qui partait de loin) qui a fait le chemin le plus spectaculaire ces dernières années. Ça a parfois pris la forme d’une révélation, comme pour Jacques Chirac. Le Grenelle de l’environnement, même imparfait est la manifestation la plus éclatante de cette prise de conscience. Mais jusqu’à aujourd’hui, ces évolutions connaissaient une exception : le nucléaire. Pas touche au nucléaire ! Le nucléaire, fleuron de notre industrie, fierté de notre savoir-faire et garant de notre indépendance énergétique est toujours considéré comme sûr et propre. On entend même souvent dire que le nucléaire est écologique puisqu’il n’engendre pas de gaz à effet de serre ! Oui, vous avez remarqué, les publicités d’EDF ressemblent à des reportages de Nicolas Hulot ! Et d’ailleurs si la France arrive mieux que ses voisins à respecter les objectifs en matière de limitation de réchauffement de la planète, c’est bien grâce au taux très élevé du nucléaire dans sa production d’énergie. Le nucléaire a donc été épargné par la conversion écologiste des élites de notre pays. Alors qu’en France on trouve même des écologistes qui défendent le nucléaire, dans le reste de l’Europe, le débat entre "pro" et "anti" nucléaire est vivace, il concerne aussi bien les sociaux-démocrates que les conservateurs. C’est vrai qu’avant la catastrophe japonaise, les pro-nucléaire regagnaient du terrain avec la perspective de la fin du pétrole. Dans les relations entre Europe-Ecologie-Les-Verts et le PS, la question nucléaire est souvent mise de coté. Les positions sont tellement radicalement opposées que, logiquement, ça devrait conduire à une incompatibilité programmatique entre les deux principaux partenaires de la gauche. Seulement le PS a besoin des Verts pour être majoritaire et les Verts ont besoin d’élus (en ce moment ils rêvent d’un groupe parlementaire en 2012)… et pour ça, dans notre système majoritaire, il faut négocier des circonscriptions et passer des accords de désistement. Du coup les écolos se contentent de faire accepter par le PS un plan, assez vague, de sortie du nucléaire en plusieurs décennies. Le PS, de son coté, est tout prêt à accepter une promesse qu’il doit tenir… dans plusieurs décennies! La catastrophe japonaise va peut-être changer la donne de ce deal au rabais. Va-t-elle susciter, en France, un débat sur la fin du tout nucléaire? Sur les projets en cours comme celui de la future centrale de Cadarache sur une zone sismique ? Encore une fois, ce seront les événements, la nature et l’ampleur de la catastrophe qui seront le moteur de la prise de conscience des responsables politiques.**

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