Demain et samedi, deux journées de mobilisation pour le climat…

Oui, depuis que la question sociale n’est plus le ciment de la gauche, c’est-à-dire depuis le schisme qu’a constitué le tournant de la rigueur de François Mitterrand en 1983, quand la partie réformiste de la gauche a admis l’idée que le progrès social passerait par une adaptation à l’économie de marché plutôt que par sa mise à bas, il n’y eut plus que les thèmes sociétaux pour réunir ce camp dans la rue ou dans les urnes. Ce fut l’antiracisme, dans les années 1980. François Mitterrand utilisa à plein ce sujet pour recoller ce qu’il avait cassé en changeant brutalement de cap économique. De même, sous Lionel Jospin et François Hollande (périodes de privatisations et d’assouplissement de la législation du travail), le social ne pouvait toujours pas être un étendard rassembleur. Un autre thème sociétal fera office de supplétif: le mariage pour tous. Mais ces causes (antiracisme et droits LGBT, aussi justes soient-elles) ne suffisent plus. Le sentiment que le progressisme n’a plus de contenu global dominait. Les sujets sociétaux paraissaient catégoriels et montraient leur limites… ils ne disent rien des conditions de production et de répartition des richesses…

Et donc…l’écologie…

Sujet devenu global ! Avant de sauver la planète, il pourrait sauver la gauche. La crise des gilets jaunes, apparue à propos de la taxe carbone, l’a montré ! La question écologique est maintenant, pour tous, étroitement liée à la question sociale. Il y a quelques années, la controverse entre la gauche et les écologistes était sur l’ordre des priorités. La gauche productiviste  mettait le social en tête, l’écologie était secondaire. Aujourd’hui, LFI base son programme économique sur la transition écologique et sa controverse actuelle avec EELV et les socialistes ne porte pas sur la place primordiale de l’écologie mais sur la question de savoir à quel point il faut la planifier. L’écologie est devenue matrice et chacun, à gauche du moins, est d’accord pour considérer que pour qu’il y ait un monde plus juste, encore faut-il qu’il y ait un monde… et ça tombe bien, l’impératif environnemental exige une réorganisation totale de l’économie basée, forcément, sur l’idée de partage. L’écologie et le social sont maintenant indissociables. Le nouveau ciment d’une nouvel gauche est là ! La formidable réussite populaire de la pétition ‘l’affaire du siècle’, qui assigne l’Etat en justice, prouve que l’ensemble de la gauche (qui s’inscrit dans le jeu des institutions) peut retrouver, même dans sa diversité, une cause commune. Si la jeunesse et les classes populaires se mobilisent… alors la recomposition en cours progressera vivement. Le nouveau nom de la gauche, ou du progressisme pourrait être, tout simplement : l’écologie.

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