Grève très suivie ce matin dans les transports. Le gouvernement négocie, la CGT donne des signes. Pendant ce temps, l'opposition tente de s'organiser et de quelle manière ! « Et ben.... ça fait pas envie.... ce déjeuner, hier dans un café bio parisien, ce déjeuner du - attendez, je prends ma respiration pour le dire - ce déjeuner du « comité de liaison de la gauche ». Tiens, ça sonne comme avant la chute du mur de Berlin. Un « dej » organisé par les Verts qui sont décidément passés maîtres dans l'art de transformer une bonne idée en évènement limite grotesque. Au menu, jus de betterave, on eut préféré le jus de carottes, au moins ça rend aimable et souriant. Parce qu'à voir les mines d'enterrement des convives - François Hollande, Marie-Georges Buffet, Cécile Duflot, Jean-Michel Baylet et le représentant du MRC de Jean-Pierre Chevènement - à voir leurs mines déconfites, on se dit qu'un bon vieux magret de canard ou hamburger steak à cheval aurait pu redonner le moral aux troupes. Dans ce banquet qui nous rappelle les communions privées de notre enfance, où le beau frère peut pas blairer sa belle soeur - rapport à l'héritage du grand-père - mais où tout le monde fait comme si exprès qu'on serait une grande et belle famille. D'ailleurs, on se disait même, à voir ses images, que Lionel Jospin aurait pu passer pour le dessert. Bon, je sais, j'exagère un peu, je force le trait mais qu'avaient-ils besoin, ces frères ennemis de la gauche plurielle, qu'avaient-ils besoin de mettre en scène leurs divergences de manière aussi caricaturale ? Parce que divergence il y a, à peu près sur tout. Et naturellement, sur le conflit du jour, le PC et les Verts soutiennent les grévistes. Le PS, lui, préfère dénoncer la méthode. Tout le monde, rue de Solférino est favorable à la réforme des régimes spéciaux. Et même si certains hiérarques espèrent utiliser le mouvement pour recoller avec les salariés, les socialistes restent encore très prudents. Alors, c'est haro sur la méthode Sarkozy, l'arrogance du gouvernement et, le passage en force. « Le passage en force » Ah !!!! cette phrase, que n'a-t-elle été répétée, ressassée, depuis des années par les leaders du PS pendant le dernier quinquennat de Jacques Chirac et depuis l'élection de Nicolas Sarkozy. Passage en force, passage en force... je veux bien, mais ça n'est justement pas l'image donnée hier par le tandem Elysée-Matignon. Une image soft. Un Nicolas Sarkozy au sourire de 1er communiant qui reçoit les patrons des entreprises concernées par la grève. SNCF, RATP, EDF/GDF, et leur demande de se mettre au travail pour trouver des solutions. On est loin du matamore lors de sa rencontre avec les pêcheurs. Oui, ça, ça m'a traumatisée. Non, c'était du Sarko soft hier. Chef d'état ferme mais responsable et tout et tout. Encore plus soft, son premier ministre, qui par la grâce de Dieu, a eu droit à son 1/4 d'heure de célébrité dans le grand journal « poivre d'arvoresque » hier soir. François Fillon, qui continue à descendre scrupuleusement son échelle sondagière, jouait aussi les arrondisseurs d'angles, évoquant, sourire aux lèvres, les 26 millions de Français au régime général des retraites qui payent pour 500.000 Français à régimes spéciaux, une manière soft de diviser pour mieux régner. Mais n'empêche qu'entre ces 2 images douceureuses, chef d'état-premier ministre, et bien on se disait que la gauche était bel et bien en lice pour remporter le titre de « Gauche la plus bête ». Oui mais la plus BIO du monde. » Une chronique de Françoise Degois .

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