Nous y sommes, le congrès du Parti Socialiste commence et on ne comprend rien. Qu’est-ce qui se passe ? Remettons tout à plat - il va falloir suivre ! Il s’agit donc de remplacer François Hollande au poste de Premier Secrétaire. Le nouveau patron du PS sera élu, après le congrès, le 20 novembre, au suffrage universel des militants. D’ici là, c'est-à-dire tout de suite, ce week-end, et plus certainement au dernier moment, par peur du précipice, dimanche donc - d’ici là, il faut qu’il y ait un accord politique (disons plutôt un accord de mécano, un accord politicien car il ne s’agit pas de considération programmatique... ou si peu). Sans accord, Ségolène Royal se trouverait face à Benoit Hamon avec de bonnes chances de gagner le 20, mais elle se retrouverait à la tête d’un parti, dont la majorité des dirigeants, issus du vote sur les motions du 6 novembre, est contre elle. Il y aurait une sorte de cohabitation interne ou tout du moins une situation inédite et particulièrement inconfortable ! S’il y a un accord autour de Ségolène Royal, là, pas de problème, elle prend le parti. S’il y a un accord contre Ségolène Royal - par exemple Aubry/Hamon- (je mets Delanoë à part, j’avoue je ne comprends plus rien au sens de ses déclarations) donc disons accord Aubry/Hamon, alors le candidat qui présenterait cette alliance le 20 – Martine Aubry sans doute - peut battre (mais ce serait assez aléatoire) Ségolène Royal. Il y aurait alors un risque de division et même de scission du parti ! Mais ce qui est paradoxal, c’est que sur le fond, le parti socialiste ne connaît plus de grandes fractures idéologiques ! L’esprit de la déclaration de principe adoptée l’année dernière est de facture plutôt sociale démocrate. Elle est incarnée aussi bien par Martine Aubry, Bertrand Delanoë que par Ségolène Royal (même si celle-ci a voulu se singulariser en récusant le mot) c'est-à-dire par au moins 80% du PS. Le Parti Socialiste est simplement dans une situation inavouable. Tout tourne autour de Ségolène Royal. Ce congrès est un congrès où les socialistes doivent décider de donner le parti ou pas à Ségolène Royal. Nous sommes donc en présence d’un congrès "ad dominem". Pour ou contre Ségolène Royal, son style, son vocabulaire, ses méthodes... autant vous dire que si Martine Aubry et Bertrand Delanoë ne se détestaient pas autant, le sort de Ségolène Royal serait déjà réglé depuis longtemps ! Mais les socialistes n’assument pas le fait que ce congrès soit réduit à une question de personnes. Ils ne l’assument pas. Alors on entend beaucoup dire que c’est la conception même du PS qui est en jeu, un parti de militants avec Delanoë, Aubry ou Hamon ou un parti de supporters avec Ségolène Royal. Cette distinction est illusoire. Ségolène Royal a des fans (Benoit Hamon a aussi ses groupies) - elle est soit disant candidate de la base. En réalité, 70% des militants n’ont pas voté pour elle et elle est élue grâce aux fédérations les plus cadenassées comme celle des Bouches-du-Rhône. Bertrand Delanoë serait le représentant d’un PS Bobo alors que les résultats de sa motion à Paris sont médiocres. En fait, un congrès du PS à l’heure du quinquennat et de l’hyper présidence, c’est avant tout une présélection pour l’élection présidentielle, c’est donc une présélection pour le pouvoir en France. L’enjeu est immense ! Et il y en a beaucoup au PS –qui ont vécu la campagne de 2007 de l’intérieur- et qui doutent tout simplement de la capacité de Ségolène Royal de pouvoir gagner contre Nicolas Sarkozy ou même à gouverner la France ! Comment trancher cette question sans mettre en danger l’existence même du PS. Le congrès se résume à ça, le reste n’est que littérature.

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