Pas d’accord en vue entre les socialistes et les écologistes sur la question du nucléaire.

Il n’y aura, effectivement probablement pas d’accord entre ces deux formations, du moins dans les délais qu’ils s’étaient fixés. Hier soir, les négociations étaient toujours suspendues… Malgré les mots très durs d’Eva Joly ce week-end, les négociateurs écologistes expliquaient qu’ils avaient été le plus loin possible. Ils avaient accepté que François Hollande ne dise plus qu’il faut sortir du nucléaire, ils avaient même accepté qu’il ne dise plus explicitement qu’il faut définitivement arrêter le chantier de l’EPR à Flamanville. Ils souhaitent simplement que le candidat Hollande promette un gel du chantier le temps de faire plus de vérifications sur la sécurité et le financement de ce projet. Du coté de François Hollande, on souligne qu’il n’y aura pas de signes, pas de geste symbolique, comme un arrêt momentané du chantier. François Hollande ne pense pas qu’il faille se fixer comme objectif la sortie du nucléaire… il ne voit pas pourquoi il changerait d’avis sous prétexte que son parti et EELV sont en train de négocier des circonscriptions. La seule chose qui pourrait le faire bouger sur Flamanville, c’est un audit sévère sur les questions de sécurité, pas une négociation. Le fait de dire que la part du nucléaire dans la production d’électricité doit baisser de 75% à 50% d’ici 2025 est déjà une évolution notable et inédite, le fait de permettre aux écologistes d’avoir un groupe parlementaire grâce à un accord est déjà une avancée, là aussi sans précédent. Hollande ne veut pas bouger… donc ça bloque !

C’est un échec pour le candidat socialiste qui doit quand même prouver qu’il peut rassembler.

Ce qui se joue en ce moment n’est pas tant l’avenir du nucléaire français que la solidité de la candidature Hollande. François Hollande a souvent été dépeint comme l’homme de la synthèse, l’homme qui ne sait pas dire non. Avant la primaire, on regardait François Hollande en se demandant si ce serait un bon candidat, maintenant on l’observe en se demandant s’il serait un bon président. Dans ce contexte particulier, plus Eva Joly adopte un ton comminatoire, plus les écolos donnent l’impression de brandir un ultimatum, moins ils ont de chance d’arriver à un accord. Céder à un ultimatum ce n’est pas arrivé à un compromis, c’est tout simplement céder. François Hollande ne peut pas avoir l’air de céder devant une candidate qui plafonne à 5%. Tous se passe comme si les négociateurs écologistes voulaient un accord alors qu’Eva Joly avait plutôt intérêt à ce que soient soulignées les différences entre elle et le candidat socialiste. Du coup on dit : « c’est un échec » ! On demandera « mais avec qui François Hollande va-t-il gouverner ? » On en est là…François Hollande ne peut dire que « non » s’il veut rester crédible, Eva Joly n’a pas intérêt à un accord si elle veut garder sa spécificité. Il reste une dernière hypothèse pour expliquer ce blocage. On n’y pense pas assez mais au fond, peut-être que tout simplement, les écolos sont sincèrement et viscéralement anti-nucléaire et peut-être que François Hollande est sincèrement et viscéralement convaincu qu’il faut garder l’EPR pour réduire la part du nucléaire efficacement en supprimant plutôt les vieilles centrales…. L’hypothèse de la sincérité ! On a tendance à la négliger. C’est bien parce que hier, c’était la journée de la gentillesse que j’en fais ma conclusion ce matin.

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