La PMA peut-être élargie en 2018 : débats animés en perspective.

Le débat, philosophique, idéologique, voire religieux et surtout très violent autour du Mariage Pour Tous, en 2013, était plombé par un lourd passé, des siècles d’ostracisme et de mise au ban de l’homosexualité. Ostracisme dont on sort, finalement rapidement aujourd’hui mais non sans quelques résistances crispées et agressives comme l’ont montré certains acteurs de la Manif Pour Tous. Pour la PMA (procréation médicalement assistée), c’est une question relativement nouvelle. Emmanuel Macron, qui ne montre pas beaucoup d’intérêt (publiquement du moins) pour ces sujets –on ne sait pas ce qu’il en pense- avait sagement expliqué pendant sa campagne que sur l’extension de la PMA à toutes les femmes, c’est-à-dire même aux célibataires ou homosexuels en couple, il se plierait à l’avis du Comité d’éthique. Celui-ci a rendu un avis favorable et suggère que cette possibilité soit établie via la loi bioéthique, plus large, que le parlement doit moderniser courant 2018.

Donc, une promesse de nouveaux clivages importants au sein de la société.

Peut-être…et c’était annoncé dans l’évolution du débat de 2013. Du côté des antis Mariage, on était passé d’un haut le cœur contre l’extension d’un droit pour les homosexuels (position difficilement assumée) à une protestation (plus présentable), et une vraie inquiétude, sur le thème de la filiation. Et souvenez-vous l’un des arguments des anti-Mariages Pour Tous c’était que cette loi ouvrait la voie à l’extension de la PMA, puis de la GPA. Il faut le constater (quoique l’on pense de ces mesures), leur crainte était justifiée, pour la PMA du moins… même si ce sujet se serait imposé forcément aussi sans le mariage ouvert aux homosexuels. Les termes du débat tourneront donc autour de la structure familiale. La loi peut-elle entériner la déstructuration du modèle familiale classique ? La loi doit-elle permettre à une femme seule d’avoir un enfant, sans père, on parlera du conflit entre deux notions : le droit à l’enfant et le droit de l’enfant… comme si ces deux droits devaient forcément s’opposer. On reparlera de l’équilibre de l’enfant, plus lié à l’amour qui l’entoure ou dépendant de la structure de sa famille ? Et, viendra très rapidement dans le débat (sinon dans les projets du gouvernement), la suite : la GPA (gestation pour autrui). Puisqu’on permet aux couples de femmes ou aux femmes seules d’avoir un enfant via la PMA, ne serait-ce pas juste de permettre aux couples d’hommes ou aux hommes seuls d’avoir aussi des enfants…donc par la GPA. Mais là, il y a un quasi consensus contre. Si la PMA est la suite logique du mariage pour tous, la GPA n’est pas la suite logique de la PMA. Mariage et PMA questionnent la structure familiale mais avec la GPA, il s’agit de la marchandisation probable des corps. Les clivages ne sont plus du tout les mêmes. La gauche et les libéraux qui sont pour le mariage et la PMA peuvent être (surtout la gauche) de farouches opposants à la GPA ! Nous allons au-devant d’un débat passionné, passionnant et à ne pas redouter parce que si on l’évite, PMA et GPA se pratiqueront, de toute façon, en France clandestinement ou à l’étranger, sans cadre ni limites.

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