Le COR, le Conseil d'Orientation des Retraites, vient de rendre son rapport... Qu’en penser, Thomas ?Rien ! On ne peut rien en penser… le conseil d’orientation des retraites prévoit un déficit annuel oscillant entre 71 milliards et 114 milliards en 2050 si on ne fait rien ! Qu’est-ce que vous voulez en penser si non avoir le vertige. Alors certains diront que c’est fait pour ça…pour nous donner le vertige, d’autres expliqueront que ces chiffres nous obligent à l’action ! Un trou de 114 milliard en 2050… Je suis incapable d’en penser quoi que ce soit ! Être péremptoire tous les matins c’est pas facile ! Et sur des questions comme celles là, pour le coup ça donne le vertige. Je suis atteint d’un mal assez embêtant pour quelqu’un qui est payé pour utiliser son esprit critique. Je cale. Que nous disent l’UMP et le ministre des affaires sociales : l’espérance de vie a augmenté, vous remarquerez (ça doit être dans les fameux éléments de langages) cette première affirmation est toujours suivie d’un rassurant « et c’est une bonne nouvelle ». Donc l’espérance de vie a largement augmenté, les déficits ce creusent, c’est mathématique, il faut travailler plus longtemps. Donc, passer à 61 ou 62 ans l’âge légal de départ à la retraite. Pour contrebalancer les inégalités qui résulteraient de cette réforme, on définirait des critères de pénibilité qui permettraient à certains travailleurs de partir plus tôt. C’est frappé au coin du bon sens. Puis on entend Jean-Luc Mélenchon : il dit qu’en taxant le capital au niveau du travail et en taxant les stocks options on obtient 5 milliards par an et qu’à reculer l’âge de la retraite on ne ferait que reporter les déficits sur les caisses des pré- retraites ou sur l’assurance chômage puisque la France est championne du sous emploi des séniors. Raisonnement également parfaitement censé ! Là aussi c’est mathématique. Vous êtes d’accord avec l’UMP et le Front de gauche !Je trouve leurs arguments recevables! Pour trancher vous pouvez demander à Philippe Lefébure, Dominique Seux ou Bernard Maris, l’un vous répondra A, l’autre B et le troisième (Maris) au moins Z et vous serez bien avancé. Si vous lisez Martine Aubry dans Le Monde d’aujourd’hui, là encore on parle d’élargissement de l’assiette de l’impôt, du maintient de l’âge légal du départ en retraite à 60 ans, tout en reconnaissant le côté symbolique et théorique de cette règle puisqu’il est toujours possible d’allonger la durée de cotisation. L’originalité des socialistes dans ce débat c’est qu’ils l’élargissent à la problématique du vieillissement et aux évolutions « sociétales » que cela va entrainer. La réforme des retraites doit se mener en cohérence avec beaucoup d’autres exigences qui découlent de ce renversement de la pyramide des âges. Martine Aubry développe sa nouvelle thématique de la société du « bien être » et dit notamment dans Médiapart qu’il faut « passer d’une société individualiste à une société du ‘care’ selon le mot anglais que l’on pourrait traduire par ‘soin mutuel ‘ ». Le Monde nous apprend que Martine Aubry s’inspire d’une philosophe américaine, Joan Tronto de l’université de New York. Donc nous avions les mathématiques, imparables et pourtant contradictoires et nous voilà avec la philosophie, introduite dans le débat par les socialistes : la politique est une science bien accueillante. Les écologistes, eux développent l’idée selon laquelle le passage du travail à la retraite devrait se faire progressivement par l’usage du temps partiel à partir d’un certain âge, ce qui agirait aussi sur le chômage des travailleurs plus âgés. Intéressant également. Les débats sont donc multiples et passionnants et l’on se dit qu’il faudrait prendre le temps de les mener. Imaginez une campagne présidentielle avec ces sujets au cœur des débats ! Ce ne sera pas le cas parce qu’il faut, parait-il aller vite afin de rassurer les marchés (encore eux) et aussi pour que le président puisse se prévaloir, en 2012 d’au moins une grande réforme à son actif.

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