**Cette semaine aura été marquée par la valse aux possibles candidats à la présidentielle. Mais certains d’entre eux ne pourront rien faire sans le nerf de la guerre, l’argent.Un homme est déjà en campagne, pour sa propre réélection, il est le président sortant, et il revendique son objectif : il veut réunir la somme d’un milliard… de dollars. Rassurez-vous, il s’agit de Barack Obama, aux Etats-Unis. Nous n’en sommes pas encore là en France. Si l’on regarde 2007, les finalistes Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, ont dépensé à peu près 20 millions d’euros chacun. Le troisième, François Bayrou, une dizaine de millions. Un peu moins pour le quatrième Jean-Marie Le Pen. Est-ce à croire que plus vous disposez d’argent, plus vos chances de l’emporter sont grandes ? Cette équation est évidemment contestée par les petits candidats, du moins ceux qui n’appartiennent pas à un grand parti. Il y a chez nous une règle des trois 5 : pour aspirer à gouverner pendant 5 ans, il vous faut réunir 500 signatures et obtenir 5% au premier tour si vous voulez être remboursés de vos frais de campagne. Les banques susceptibles de vous prêter de l’argent ont donc, elles aussi, l’œil rivé sur les sondages. Si vous n’avez ni parti, ni siège, il vous reste les donateurs, à hauteur de 7500 euros par personne, pas plus, c’est la loi. Les grandes formations la contournent pour gagner encore plus d'argent en mettant en place des micros partis associés, qui reversent au pot les sommes encaissées. L’UMP et le PS sont riches, les autres rament plus ou moins. Il y a deux mondes qui se côtoient. Certains ne seront donc peut-être jamais candidats?Parce qu’ils n’auront pas les moyens de se présenter. Vous êtes donc en droit de nous dire : finalement, vous parlez dans le vide, à longueur de semaine, en évoquant les Villepin, Borloo, ou pourquoi pas Hulot s'il y va seul. Pas sûr. Dominique de Villepin, qui ne dispose d’aucun moyen, veut croire que les temps ont changé, que 2 millions suffisent pour faire campagne, avec le Net, les réseaux sociaux, les invitations dans les médias. Quant aux grands meetings, facturés un million et demi d’euros, l’ancien Premier ministre les juge obsolètes : les partis sont obligés de faire le plein avec des autobus remplis de militants et de personnes âgées, c’est ringard, dit-il. Reste que cela fait de belles images conquérantes dans les journaux de 20H, avant le vote. Le système actuel n’est pas prêt de changer. Ce système est-il injuste ?Il reste inégalitaire, et la loi, qui a permis de mettre de l'ordre dans les dépenses de campagne, n’a pas réglé le déséquilibre qui existe entre le président sortant, qui bénéficie de l’affichage et des moyens de sa fonction, et ses challengers. Dans un monde idéal, nous pourrions imaginer une campagne de quinze jours, avec des candidats qui voyagent ensemble en train, partagent les mêmes hôtels une étoile, se produisent dans les mêmes meetings. Les médias, tous supports confondus, se réuniraient pour décider d’un traitement strictement égal. Mais nous ne sommes pas dans "Le Meilleur des Mondes", d'Aldous Huxley. Nous pouvons plus simplement imaginer qu’en 2012, les politiques auront des idées. Et soyons fous, une fois élus, ils les mettront en application. Il est toujours permis de garder une part d’espérance.**

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